CORPUS NOSTRADAMUS 38 -- par Patrice Guinard
 

Première étude sur les éditions Benoist Rigaud de 1568 (Bibliographie)
 

Une question capitale

Avec les éditions Benoist Rigaud de 1568, les premières éditions complètes des Prophéties, bien qu'incomplétées puisqu'elles ne contiennent que 942 quatrains (c'est-à-dire seulement 42 quatrains à la septième centurie), subsistent à ce jour les plus anciennes versions connues de la préface au roi Henry II et des centuries VIII, IX et X. En effet l'édition lyonnaise de 1558 et son hypothétique réplique parisienne sont aujourd'hui perdues (cf. CURA, Les premières éditions des Prophéties 1555-1563), et les éditions dites de 1568, dont la première fut probablement imprimée environ deux ans après le décès de Nostradamus, sont les premiers vestiges du texte originel, et probablement les plus fiables. D'où l'importance de la question : de se demander, parmi les exemplaires des tirages de 1568 et des retirages ultérieurs, quel pourrait être le texte original du second livre des Prophéties. Cette étude, déjà assez longue et qui a nécessité une collecte épineuse d'un matériel difficilement accessible, se limitera au travail de l'imprimeur : mise en page, marques d'imprimerie, matière iconographique, etc. (pour l'iconographie, cf. le texte complémentaire : CURA, Iconographie des éditions Benoist Rigaud (Lyon), dites de 1568). De premières hypothèses seront éventuellement confirmées ou invalidées par une étude ultérieure portant sur le texte et ses variantes.
 

A la recherche d'une authentique édition de 1568 chez les bibliographes modernes

Plus que pour tout autre texte du CORPUS NOSTRADAMUS, nous sommes confrontés, dans la consultation des bibliographies existantes, à une inextricable confusion, qui semble-t-il, a pris naissance au milieu du XIXe siècle par les publications de quelques célèbres interprètes des Prophéties : Bareste, Torné, Le Pelletier, etc.

Bareste s'appuie sur une édition des Prophéties (déjà mentionnée par Francis Girault dans la Gazette de France en mars 1839 puis dans Le passé, le présent et l'avenir, ou Prédictions, Vérifications et explications de quelques prophéties remarquables de Nostradamus, Paris, Hivert / Gaume frères / Dentu, 1839, p.15), supposée avoir été publiée par Pierre Rigaud en 1566 (Bibliothèque Royale : Y 4621) : "La Bibliothèque royale possède une très-ancienne édition des Centuries de Nostradamus. On prétend qu'elle est de 1558 ; mais nous ne le pensons pas, car elle a été probablement faite l'année même de la mort de l'auteur, c'est-à-dire en 1566. Quoi qu'il en soit, ce petit livre très-bien conservé est un bijou bibliographique. Il porte le titre suivant : Prophéties de M. Michel Nostradamus, dont il y en a trois cens qui n'ont encores jamais esté imprimées. A Lyon chez PIERRE RIGAUD, ruë Mercière, au coing de ruë Ferrandière. Avec permission." (Bareste, 1840, p.255). Or Pierre Rigaud, fils de Benoist, ne commence à publier sous son nom que dans les toutes dernières années du XVIe siècle. Cette édition Pierre Rigaud aurait été imprimée vers 1600 selon Benazra (Répertoire, p.149) ou "aux alentours de 1611, avant 1614" selon Ruzo (Testament, p.354).

L'erreur de Bareste ne tarde pas à se répandre : l'abbé Torné-Chavigny publie une prétendue Réédition du Livre de Prophéties de Nostradamus publié en 1566 chez Pierre Rigaud (Bordeaux, 1862), et Anatole Le Pelletier, l'un des meilleurs interprètes des quatrains, fait imprimer en 1867 son "édition-princeps" des Prophéties, accompagnée des variantes de l'édition Benoist Rigaud de 1568 et d'une édition troyenne datée de 1605 (Oracles 1, pp. 32-33 et 41-43). Or cette supposée édition "Benoist Rigaud de 1568" est en réalité une édition avignonnaise tardive publiée un siècle auparavant (vers 1772 selon Benazra, Répertoire, p.320, ou vers 1792 selon Ruzo, Testament, p.373), et dont le signalement est assez proche des authentiques éditions Benoist Rigaud de 1568 : "LES PROPHETIES DE M. MICHEL NOSTRADAMVS. Dont il y en a trois cens qui n'ont encores jamais eté imprimées. Ajoûtées de nouveau par le dit Auteur. A LYON, PAR BENOIST RIGAUD. 1568" (Cf. par exemple ces exemplaires in-16 non signalés par les bibliographes : HAB Wolfenbüttel: M: Hr 311 ; UB Mannheim: Sch 049/067 ; UL Regina (Canada): BF 1815 N8 1568 ; Manchester: R 42009).

Avant 1895, il n'existe chez les spécialistes aucune description détaillée d'une authentique édition Rigaud 1568. François Buget, qui a laissé inachevée son étude colossale (1860-1863), en a peut-être connu une. La raison probable est qu'il n'en existe aucun exemplaire dans les principales bibliothèques parisiennes, ni même au British Museum, centres de ravitaillement majeurs pour la bibliographie française du XVIe siècle. Ainsi Baudrier est le premier, en 1897, à signaler et donner une description substantielle d'éditions probablement authentiques, ayant appartenu à l'abbé Hector Rigaux et aujourd'hui dissipées.
 

Signalement des éditions de 1568 (conforme aux variantes A, B, et C)

Première partie :

LES PROPHETIES DE M. MICHEL NOSTRADAMVS.
Dont il y en a trois cens qui n'ont encores iamais eƒté imprimées.
Adiouƒtées de nouueau par ledict Autheur.
A LYON, PAR BENOIST RIGAUD. 1568. Auec permiƒƒion.

Deuxième partie :

LES PROPHETIES DE M. MICHEL NOSTRADAMVS.
Centuries VIII. IX. X.
Qui n'ont encores iamais esté imprimees.
A LYON, PAR BENOIST RIGAUD.
 

Les premières attestations

⇒ Du Verdier, 1585, p.881 ("Dix Centuries de propheties par Quatrains qui n'ont sens rime ne langage qui vaille.")
⇒ CAT Draudius, 1610, p.126 (reprend Du Verdier)

- Quelques catalogues semblent faire référence à d'authentiques éditions Rigaud de 1568 (format in-16 spécifié) :

⇒ CAT M***, Paris, 1730, n.554 (bibliothèque d'un collectionneur anonyme dans un recueil factice)
⇒ CAT Bourret, Paris, 1735, n.3337 (sans date : cf. TABLEAU 1, éditions Y et Z)
⇒ CAT De Rothelin, Paris, 1746, n.1709
⇒ CAT Bonardy de Crecy, Paris, 1750, n.1831
⇒ CAT Saint-Martin, Paris, 1806, n.348
⇒ Ebert 2, 1830, c.209 (n.14896-2)
⇒ CAT Hérisson, Paris, 1841, n.435
⇒ CAT Giraud, Paris, 1855, n.742
⇒ Brunet 4, 1863, c.105
⇒ CAT Millet, Paris, 1872, n.147
⇒ Torné-Chavigny, Almanach pour 1880, p.121
⇒ CAT Rigaux, Paris, 1931, n.43 et n.44 (vendus 140 F et 130 F !)
⇒ Vente Christie's, London, n.5424, 28 Juin 1995, 1035£ (incomplet, 77 × 111 mm)

- Notons que des éditions lyonnaises sans nom d'imprimeur sont mentionnées dans le Bibliophile belge (5, 1848, p.101) pour les années 1572 (in-8) et 1577 (in-16).
 

Principales caractéristiques des éditions Benoist Rigaud, 1568

Les éditions connues (A, B, C et X : cf. TABLEAU 1 ci-dessous) comprennent 2 livres, avec pagination distincte :
- l'une de 63 feuillets ou 126 pages, dont 124 sont imprimées.
- l'autre de 39 feuillets ou 78 pages, dont 74 sont imprimées.

 Les différentes sections de l'ouvrage s'ordonnent comme suit:

Première partie

      - folio A1r frontispice = p.1 (vignette A, fleuron)
      - folio A1v blanc
      - folios A2r-A6v préface sur 10 pages = pp.3-12

Jusqu'à ce point, la mise en page est identique à l'édition Antoine du Rosne de 1557, exemplaire d'Utrecht.

      - folios A7r-B7v centurie 1 sur 17 +2/3 pages = pp.13-30
      - folios B7v-C8r centurie 2 sur 17 +1/3 pages = pp.30-47

      - folios C8v-E1r centurie 3 sur 17 +1/2 pages = pp.48-65
      - folios E1r-F1v centurie 4 sur 17 +1/2 pages = pp.65-82

      - folios F2r-G2v centurie 5 sur 17 +2/3 pages = pp.83-100
      - folios G2v-H3r centurie 6 sur 17 +1/3 pages = pp.100-117

      - folios H3v-H7r centurie 7 sur 8 pages = pp.118-125 (fleuron p.125)
      - folio H7v blanc (non paginé)

(mention "FIN" après le quatrain VII 42, nouvelles pagination et foliotation pour le second livre dans toutes les éditions.)

Deuxième partie

      - folio A1r frontispice = p.1 (vignette B ou C, fleuron)
      - folio A1v blanc
      - folios A2r-B4r préface sur 20 +1/2 pages = pp.3-23
      - folio B4v blanc
      - folios B5r-C5v centurie 8 sur 17 +1/4 pages = pp.25-42
      - folios C5v-D6r centurie 9 sur 17 +1/4 pages = pp.42-59
      - folios D6r-E6v centurie 10 sur 17 +1/4 pages = pp.59-76 (fleuron p.76)
      - folio E7 blanc
 

Un point commun à toutes ces éditions, y compris celles qui seraient un peu plus tardives d'après Ruzo, est leur très petit format (in-16) dit "sextodecimo" (largeur des feuillets = de 7 à 7 ½ cms ; hauteur = de 10 ½ à 12 cms), dont Guillaume Rouillé aurait été l'un des inventeurs. Le rapport entre les nombres de feuillets des deux parties (63 / 39 = 1.618), en comptant le feuillet blanc supplémentaire à la fin de la seconde partie (par exemple dans l'édition B), est égal au nombre d'or.

Ci-suit un premier tableau des éditions recensées, qu'on lira ainsi : colonne 1 (numéro d'identification de l'édition + le cas échéant la localisation d'au moins un exemplaire disponible), colonne 2 (la correspondance avec les numéros des catalogues de Ruzo, Chomarat et Benazra), colonnes 3, 4 et 5 (fleurons et vignettes : cf. CURA, CORPUS NOSTRADAMUS 39), colonnes suivantes (observations diverses).
 

TABLEAU 1
 

NUMÉRO et exemplaires
références
fleurons
TITRES
fleurons
de FIN
vignettes
titre 1
(permission)
remarques
édition X (Grasse) Ruzo20
Cho98
Ben10
1
aucun
aucun
aucun
A (sans
brisure)
C
permiƒsion
ou
permißion
édition A (Châteauroux) Ruzo21
Cho96
Ben11
1
1
3
aucun
A
B
permiƒƒion
édition B (Dresden) Ruzo22
Cho97
Ben12
1
2
4
5
A
B
permiƒƒion
édition C
(Arbaud : S 389)
Ben18 1
1
6
7
A
B
permiƒƒion
édition I
( = éd. A de Baudrier)
Ruzo23
Cho93
Ben14
1
2
8
8
A?
B?

?
édition J
( = éd. B de Baudrier)
Ruzo24
Cho94
Ben15
1
1
X = 6
Y = 7
A
B
permiƒƒion = édition C
édition K
( = éd. C Baudrier)
Ruzo25
Cho95
Ben16
2
2
aucun
aucun
A?
B?

?
lettrines et bandeau p.3 : différents des éditions A et B de Baudrier 
édition Y
(Arbaud : S 391)
Ruzo27
Cho99
1
1
aucun
aucun
A
B

Permiƒsion
1591 selon Ruzo pas de date au 1er titre
édition Z
( = Baudrier 3, p.190)
Ruzo28
Cho100
Ben17
1
aucun
X?
Y?
A?
B
Permiƒsion? 1593? selon Ruzo pas de date au 1er titre

 

Les éditions Y et Z semblent plus tardives : elles ne portent pas de date pour aucune des deux parties, et le sous-titre "Dont il y en a trois cens qui n'ont / encores iamais eƒté imprimées." est en deux lignes au lieu de trois pour les autres éditions. Elles auraient été imprimées au début des années 1590 selon Daniel Ruzo, le meilleur spécialiste de ces éditions "Rigaud 1568". Cette édition "Z" s'apparenterait à l'édition "Y" hormis l'absence de fleuron au second frontispice -- une négligence au signalement de Baudrier (?) qui l'éliminerait des éditions effectivement publiées par B. Rigaud.
 

L'inextricable confusion des bibliographes

Baudrier (1897, vol.3, pp.257-258 et p.190) décrit trois éditions d'après des exemplaires ayant appartenu aux collections de l'abbé Rigaux (vendues à l'hôtel Drouot en 1931), imprimées selon lui par Pierre Roussin, plus une autre édition d'après le catalogue De Nantes, qui serait identique selon lui à la seconde des trois autres éditions mentionnées, hormis l'absence de date au titre.

Cependant, les descriptions et commentaires de Baudrier ne permettent pas d'identifier ces éditions avec certitude. Première difficulté : les contradictions internes entre les descriptions et les commentaires de Baudrier, lequel précise que son édition sans date serait "identique à l'édition B de 1568. Elle en diffère seulement par l'absence de date au titre de la première partie." (p.190). Or, d'après sa description apparaissent d'autres différences : le sous-titre de la première partie en deux lignes au lieu de trois, et l'absence de fleuron à la seconde page de titre. Seconde difficulté : aucun des exemplaires retrouvés, pourtant assez nombreux, ne correspond exactement à l'une ou l'autre des quatre éditions décrites par Baudrier !

La mention "cents" au premier titre du numéro 44 (reliure maroquin rouge) du catalogue Hector Rigaux est fautive : acheté par Daniel Ruzo, il a été adjugé à la vente Ruzo de New York le 23 avril 2007 pour 2600 $ sans les frais de vente (cf. Nostradamus Swann Auction Catalogue, n.23). Cet exemplaire de mon édition C correspond à l'édition B de Baudrier. Le numéro 43 du catalogue Rigaux, qui porte une vignette différente au second titre, ne correspond pas aux descriptions de Baudrier établies d'après les exemplaires ayant appartenu à Rigaux et qu'il a examinés avant 1897. Seule l'édition X possède une vignette différente, et s'il s'agit bien de cette édition, la mention "cens" du catalogue serait à nouveau fautive. Au cas contraire, il faut imaginer un autre tirage très proche de l'édition X ou un recueil factice.

Parmi les 79 marques de bois de B. Rigaud recensées par Baudrier (vol. 3, p.456-471), ne figure aucun des bois prophétiques. Baudrier pourrait avoir référencé ses éditions nostradamiennes d'après des notes (fautives) que lui aurait communiquées l'abbé Rigaux, auquel cas il ne faudrait tenir compte d'aucune des éditions hypothétiques qu'il décrit. Il en résulterait que seules les éditions X, A, B, C et Y, toutes retrouvées, seraient valides.

En 1971, Michel Chomarat, alors débutant en recherche bibliographique, ajoute ses interpolations aux imprécisions de Baudrier, reprend les affirmations erronées de Le Pelletier relatives à son édition Rigaud 1568, en réalité une édition de la fin du XVIIIe siècle (avec la mention JUPITER au frontispice), qu'il assimile à l'édition que Baudrier décrit en page 190 de son troisième volume, alors même que Baudrier avait précisé que cette édition ne porte pas de date au titre ! (Nostradamus entre Rhône et Saône, Lyon, Ger, 1971, p.62). Autrement dit : de bien pesants premiers pas en matière bibliographique pour un ouvrage qui contient de nombreuses autres erreurs. Cette méprise est reconduite par Edgar Leroy (1972, p.155) et encore par Chomarat qui fait de cette édition, parue sous le règne de Louis XVI, sa "première édition complète et authentique des oeuvres de Nostradamus" dans ses recensements de 1973 (Bibliographie lyonnaise des Nostradamus, Lyon, Centre Culturel du Buenc, 1973, [p.5]), et de 1976 (exemplaire de Dôle : Supplément à la bibliographie lyonnaise des Nostradamus, Lyon, Centre Culturel du Buenc, 1976, p.5). Dans ce même supplément, Chomarat identifie au petit bonheur les différents exemplaires décrits par Baudrier.

Avec la parution de l'ouvrage de Ruzo en 1975 (dont une traduction française paraît en 1982), l'embrouillamini bibliographique se détend quelque peu. Encore aurait-il fallu que les bibliographes ultérieurs comprennent ce que Ruzo a fait, et n'ajoutent pas leurs propres erreurs à ses descriptions, lesquelles contiennent elles-mêmes quelques imprécisions mineures (notamment sur les petits fleurons et sur la mention "permission"). Le collectionneur péruvien découvre la plupart des exemplaires aujourd'hui connus et en donne une description méthodique et structurée : son descriptif et son vocabulaire seront recopiés par Benazra en 1990. Le catalogue de Ruzo comprend six éditions pour la date de 1568 et deux autres (non datées au titre) pour les dates approximatives de 1591 et 1593. Ruzo recense trois des quatre éditions de Baudrier, à l'exception de l'édition B de Baudrier, qu'il décrit vraisemblablement d'après son propre exemplaire. Cette édition aurait toutes les caractéristiques de mon édition C (Arbaud, S 389), hormis les dimensions de l'ouvrage.

Le problème de cette édition C (cf. TABLEAU 1) deviendra l'une des inconséquences majeures des bibliographies de Chomarat (1989) et de Benazra (1990), le premier en l'assimilant à l'édition A, le second en en faisant une description erronée. En outre Benazra glisse encore dans son recensement une entrée (son "pseudo" numéro 13) qui n'est autre que "l'édition Le Pelletier" (avec la mention JUPITER au frontispice), qu'il recense une seconde fois pour l'année 1772 d'après le même exemplaire de la Méjanes d'Aix. Plus regrettable encore est l'erreur des bibliographes lyonnais ayant trait à leur description des pièces iconographiques : ils ne parviennent pas à distinguer le fleuron 3 de l'édition A du fleuron 4 de l'édition B.
 
 

Recensement et localisation des éditions et exemplaires

ÉDITION X

⇒ CAT Rigaux, 1931, n.43
⇒ Cioranescu, 1959, n.16583 (2e partie seulement : exemplaire de Grenoble ?)
⇒ Ruzo, 1975, n.20 (signale son propre exemplaire)
⇒ Chomarat, 1976, p.5 (exemplaire de Grenoble)
⇒ Chomarat, 1989, n.98
⇒ Benazra, 1990, n.10 (signale les exemplaires de Grasse et de Stockholm)
 
 
Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Grasse Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Grenoble

 
Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Salon Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Salon

 

Contrairement à ce que j'avais annoncé en mai 2009, l'exemplaire de Salon ne serait pas un retirage de l'édition X. Certaines différences observées sur cet exemplaire relèvent davantage d'anomalies lors de l'impression de certaines feuilles comme si quelques caractères avaient glissé dans le composteur lors de l'impression (cf. aux images : "Secours" en bas du feuillet C8v et "49" en haut du feuillet D1r sur les exemplaires de Stockholm et de Salon).
 

Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Stockholm, C8v Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Salon, C8v
 

Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Stockholm, D1r Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Salon, D1r
 

ÉDITION A

⇒ Chomarat, 1973, p.[6] (signale l'exemplaire de la réserve de Lyon)
⇒ Ruzo, 1975, n.21 (signale les exemplaires de Châteauroux, Heidelberg, Florence et Wroclaw)
⇒ Chomarat, 1989, n.96
⇒ Benazra, 1990, n.11
⇒ CAT Librairie Thomas-Scheler, Sept. 2010, n.3
 
 
Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Châteauroux Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Châteauroux

 
 

ÉDITION B/A ou A'

La découverte d'un deuxième exemplaire tendrait à accréditer la seconde hypothèse (une édition intermédiaire plutôt qu'un recueil factice). L'éditeur aura d'abord revu le premier livre (cette édition B / A ou A') avant de s'attaquer au second (édition B).

 
Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire Binocle Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Marseille Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Marseille

 
 

ÉDITION B

⇒ Klinckowstroem, 1913, n.7 p.367 (reproduction des 2 pages de titre de l'exemplaire de Dresde (pp.362-363), qu'il assimile incorrectement à l'édition A de Baudrier)
⇒ Parker, 1920, pp.122-124
⇒ Chomarat, 1973, p.[6] (reproduction de la 2e page de titre de l'exemplaire de Dresde)
⇒ Ruzo, 1975, n.22 (ajoute l'exemplaire de Schaffhausen)
⇒ Chomarat, 1989, n.97
⇒ Benazra, 1990, n.12 (signale le fac-similé de l'ouvrage de Krafft (p.491), sans faire le rapprochement avec cette édition B)
⇒ Barbier, 2005, p.445 sq. (cf. CN 59)
 
 
Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire Krafft Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire de Dresde

 
 

ÉDITION C

⇒ Parker, 1920, pp.122-124
⇒ CAT Rigaux, 1931, n.44
⇒ Busquet, 1950, p.96 (frontispice)
⇒ Leoni, 1961, p.78 (reproduction des deux pages de titre de l'exemplaire d'Aix)
⇒ Ruzo, 1975, n.24 (d'après son exemplaire)
⇒ Chomarat, 1989, n.96 (confond cette édition avec l'édition A)
⇒ Benazra, 1990, n.18 (description fautive de l'exemplaire d'Aix)
⇒ CAT Ruzo-Swann, Avril 2007, n.23 (vendu 3120 $)
 
 
Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire d'Aix, Arbaud Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, 1568, exemplaire d'Aix, Arbaud

 
 

Autre exemplaire non identifié (édition X, A, B ou C)


Christie's, 28 Juin 1995
 
 

ÉDITION Y (plus tardive)

⇒ Parker, 1920, p.124
⇒ Leoni, 1961, p.78
⇒ Leroy, 1972, p.155
⇒ Ruzo, 1975, n.27
⇒ Chomarat, 1989, n.99
⇒ CAT Librairie Thomas-Scheler, Sept. 2010, n.5
 
Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, s.d. Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, s.d. Nostradamus, Prophéties, Benoist Rigaud, Lyon, s.d., p.119

 

Tableau des principales différences entre les éditions A, B, C, et X (TABLEAU 2)

Je marque en rouge les différences propres à une édition qui se distingue des trois autres, et en bleu les similitudes particulières à deux éditions.
 
 

A = Châteauroux B = Dresden C = Aix X = Grasse
         
généralités
nombre de pages & format (in-16) = = = =
mise en page préfaces = = = quelques décalages
mise en page centuries = = = =
foliotation 1e partie chiffres arabes chiffres arabes chiffres arabes chiffres arabes
foliotation 2e partie chiffres arabes chiffres arabes chiffres arabes chiffres romains
(i, ij, iij, iiij)
         
iconographie
vignette 1e partie A (56 × 26 mm) A A A (sans brisure)
vignette 2e partie B (48 × 36 mm) B B C (48 × 36 mm)
fleuron titre 1e partie 1 1 1 1
fleuron titre 2e partie 1 2 (+ centurie 8) 1 aucun
fleuron centurie 7 3 4 6 aucun
fleuron centurie 10 aucun 5 7 aucun
T préface César lettrine T1 lettrine T2 lettrine T2 lettrine Tx
centurie 1 pas de fleuron
lettrine E1
pas de fleuron
lettrine E1
pas de fleuron
lettrine E1 noir
fleuron 1
lettrine Ex
centurie 6 pas de bandeau pas de bandeau pas de bandeau bandeau
préface Henry bandeau bandeau bandeau pas de bandeau
         
graphie
page de titre 1e partie cens ; eƒté ; permiƒƒion cens ; eƒté ; permiƒƒion cens ; eƒté ; permiƒƒion cents ; esté ; permißion
page de titre 1e partie = = D de "Dont" et A de "A Lyon" différents =
page de titre 2e partie NOSTRADAMVS
esté ; imprimees
N de "Lyon"
NOSTRADAMVS
esté ; imprimees
N de "Lyon"
NOSTRADAMVS
esté ; imprimees
N de "Lyon"
Noƒtradamus
eƒté ; Imprimees
N de "Lyon" différent
préface 1e partie caractères italiques caractères italiques caractères italiques caractères italiques
préface 2e partie caractères romains caractères romains caractères romains caractères romains
numéro de centuries en chiffres (sauf 1, 4, 9) en chiffres (sauf 1, 4, 9) en chiffres (sauf 1, 4, 9) toujours en lettres
titre centuries 1 à 7 Nostradamus Nostradamus Nostradamus NOSTRADAMVS
titre centurie 8 NOSTRA-DAMVS
(en 2 lignes)
NOSTRADAMVS
(en 1 ligne)
NOSTRA-DAMVS
(en 2 lignes)
NOSTRA-DAMVS
(en 2 lignes)
titre centurie 9 Nostradamus Nostradamus Nostradamus NOSTRA-DAMVS
(en 2 lignes)
titre centurie 10 NOSTRA-DAMVS
(en 2 lignes)
NOSTRA-DAMVS
(en 2 lignes)
Nostradamus NOSTRA-DAMVS
(en 2 lignes)
D centurie 9 lettrine D1 noir lettrine D1 noir lettrine D1 lettrine Dx
mention FIN (2e partie) caractères romains caractères romains caractères italiques caractères romains

 

Un grand nombre de singularités affecte l'édition X. La vignette B, au frontispice du second livre, a le cadre brisé sur la droite dans toutes les éditions où elle apparaît. En revanche, le cadre de la vignette C (édition X) est intact. Le cadre de la vignette A est légèrement brisé en haut à gauche dans tous les exemplaires (y compris celui de Krafft, où il semble avoir été retouché), sauf pour l'édition X (exemplaire de Grasse). Toutes les éditions ont cens et eƒté à la première page de titre, et esté à la seconde, sauf l'édition X, qui se distingue encore par trois petites étoiles ( * ) à la fin de la préface à César.
 

Iconographie des éditions Benoist Rigaud, Lyon, 1568

Chronologie des éditions Benoist Rigaud de 1568
 

Note: Je tiens à remercier les bibliothécaires et conservateurs des bibliothèques mentionnées sur cette page, qui m'ont aimablement apporté leur aide pour l'identification des exemplaires.
 
 

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 Première étude sur les éditions Benoist Rigaud de 1568 (Bibliographie)
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 30-11-2006 ; last updated 15-08-2016
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