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Cyclologie mondiale
Le Paradigme astral III
par Patrice Guinard

12. Histoire et Cyclicité
13. Les Grandes Conjonctions Jupiter Saturne
14. Les Cycles d'Uranus, Neptune et Pluton
15. Les autres Cycles et Configurations
16. L'ère Gémeaux-Capricorne (1737-2079)

L'Ordre Matriciel (Le Paradigme Astral I)
Géoculturologie astrale (Le Paradigme Astral II)



Cette page remanie et complète drastiquement le chapitre 62 de ma thèse de doctorat. Mais pas assez : le sujet est vaste, et il faudrait y consacrer des volumes entiers. Je ne reprends ici que les orientations majeures de mon texte de 1993. Les conjonctions et oppositions d'Uranus, Neptune et Pluton furent l'objet principal de mes propos, mais il faut garder à l'esprit que Pluton n'est jamais vraiment en conjonction étroite avec l'une ou l'autre des deux autres planètes. J'attire aussi l'attention sur l'importance du grand cycle Saturne Jupiter de 178,8 ans, qui marque les "grands siècles" culturels (tout autant et peut-être plus significativement que le cycle concurrent Neptune Uranus de 171,4 ans), et sur les grandes ères civilisationnelles (celle du Taureau qui commence au XIe siècle BC, et celle des Gémeaux qui commence en 1397). Le monde est entré dans la phase Gémeaux-Capricorne depuis 1737 et passera dans la phase Gémeaux-Verseau en 2079. Autrement dit c'est l'entrée dans chacun des 12 signes zodiacaux des conjonctions Saturne Jupiter, ou celle d'Uranus en conjonction ou opposition à Neptune, qui me semble le critère essentiel, agençant des configurations réelles, effectives, et non imaginaires, compte tenu des faibles inclinaisons de ces quatre planètes.



12. HISTOIRE ET CYCLICITÉ

"Ceux qui mesprisent ou ignorent les mouvements celestes, s'esbahissent, et mesmement Polybe en son Histoire s'esmerveille, que la cent et trentieme Olympiade en un mesme temps, on apperceut tout soudain nouveaux changements de Princes presques en tout le monde." (Jean Bodin, La République)

En histoire, il y a peu d'observation directe, encore moins de faits ; toute expérimentation est impossible. Le document, qu'il soit registre, chronique, témoignage, monument, tablette, tombeau, cénotaphe ou sépulchre, plaque mortuaire, complexe d'ossements ou de céramiques, bas-relief, gravure ou figurine, acte, charte ou décret, est un indice réclamant une interprétation. La reconstitution du passé est une herméneutique opérant sur un matériau fragmentaire. L'histoire est en partie une représentation imaginaire, une fiction littéraire.

Interroger l'histoire, c'est d'abord se demander "à quel moment" et "pendant combien de temps". Il n'y a pas de science historique tant qu'on reste dans l'incapacité de rendre compte de l'échéance et de la durée de telle manifestation historique et de l'intégrer dans un schéma général. L'astrologie fournit au travail d'élucidation un outil privilégié : le cycle planétaire, marqué par sa période et ses moments critiques que l'événement actualise et que la date cristallise. La dynamique des cycles planétaires (la Cyclade) sous-tend l'organisation de la matière historique. Les sinuosités événementielles obéissent aux courbes cycliques et se résorbent dans l'infrastructure sinusoïdale.

Chez les Égyptiens ou chez les Chinois, l'histoire était conçue comme un arrangement du passé en fonction d'un Calendrier bâti sur des périodes astronomiques : "Le Temps est constitué par la succession cyclique d'ères qui, toutes, dynasties, règnes, périodes quinquennales, années elles-mêmes, doivent être assimilées à une liturgie et qui toutes, même l'année, ont un centre." (Marcel Granet, La pensée chinoise, Renaissance du Livre, 1934 ; Albin Michel, 1950, p.103). L'histoire légendaire ou mythique, la seule véritable, est en partie préconçue, antérieure à toute actualisation et toute coïncidence empirique, et au-delà de toute vérification. Elle est plus réelle que l'histoire factuelle car elle lui donne son sens. Des périodes astronomiques spécifiques apparaissent en filigrane de la trame événementielle et des reconstitutions factuelles. L'événementiel n'est tout au plus qu'un reflet contingent de processus qui opèrent en profondeur.

L'histoire astrale n'est ni amorphe et aléatoire, déviant vers des interprétations paniques ou apocalyptiques, ici accélération de l'histoire ou là fin de l'histoire, ni linéaire et évolutive, privilégiant telle phase culturelle ou tel paradigme idéologique, comme les modèles de Hegel ou de Teilhard de Chardin qui ont hérité de la conception théologique chrétienne, ni même cyclique à la manière d'un Vico ou d'un Toynbee, se limitant à un schéma formel à quatre ou cinq phases (naissance, croissance, maturité, déclin, extinction) : elle s'harmonise à l'ordonnance géo-solaire dont cultures et civilisations épousent tour à tour ou simultanément certaines phases de ses cycles, même si les périodes apparaissent plus ou moins masquées par des processus de médiation et par un brouillage événementiel.

La cyclologie mondiale est l'étude des configurations et cycles planétaires ou pluri-planétaires, lesquels se répètent ou se modifient autour de l'écliptique, les planètes traversant successivement chacune des phases zodiacales. Les cycles des planètes lentes définissent des périodes et des échéances historiques plus qu'ils n'indiquent des événements factuels. Les échéances marquent des transformations de mentalité, sensibilisant l'esprit collectif à une nouvelle vision du réel, à une nouvelle perspective sur le monde et sa réalité, menant ainsi l'activité humaine à explorer de nouvelles voies, à l'origine de rénovation sociale, d'innovations culturelles, d'inventions technologiques. Elles peuvent marquer un changement de paradigme dans les divers domaines de l'activité humaine : hiérarchies sociales et législations, production, gestion et administration des ressources, science et techniques, oeuvres culturelles et artistiques, systèmes de représentation et spiritualité. Elles induisent une sorte de "climat" opérant sur plusieurs siècles. Les périodes planétaires sont les intervalles définis par ces échéances, et le moment d'un grand cycle, sa phase d'actualisation au sein d'un processus plus vaste.



13. LES GRANDES CONJONCTIONS JUPITER SATURNE

La conception cosmogonique et cyclique, héraclito-zénonienne, semble avoir été celle des premiers astrologues grecs, émules et théoriciens d'un savoir originaire de Mésopotamie. Pourtant la formalisation astrologique des cycles planétaires est d'origine perse (période sassanide) et n'apparaît que tardivement chez les Arabes. Selon Lynn Thorndike, elle est conceptualisée au IXe siècle par Al-Kindî et développée par Albumasar (Abû Ma'shar) dans son traité De magnis conjunctionibus (in A History of Magic and Experimental Science, New York, Columbia University Press, vol. 1, 1923, p.648-649). Elle prend en considération d'une part les conjonctions de Jupiter et de Saturne, les planètes lentes du Septénaire, tous les 20 ans environ, d'autre part le positionnement de ce cycle dans le zodiaque élémental, c'est-à-dire le passage d'une "triplicité" à l'autre ou le changement d'Élément (Feu, Terre, Air, Eau) tous les 240 ans après 12 conjonctions, et le retour de ces conjonctions approximativement au même point du Zodiaque tous les 960 ans après 48 conjonctions.

Il existe une multitude de textes sur les grandes conjonctions ; cf. notamment Kepler et :
- Abû Ma'shar, On historical astrology : The book of religions and dynasties (De magnis conjunctionibus), trad. Keiji Yamamoto et Charles Burnett, Leiden, Brill, 2000, vol. 1
- Roger Bacon, "judicia astronomiae" in The 'Opus Majus', ed. John Henry Bridges, Oxford, Williams and Norgate, 1900, vol. 1, p.262-263
- Pierre d'Ailly (Alliacus), Concordantia astronomiae cum theologia (et) Concordantia astronomiae cum hystorica narratione, [1414] ; Augsburg, Erhard Ratdolt, 1490
- Edward Kennedy, "The world-year concept in Islamic astrology", in Proceedings of the 10th International Congress of the History of Science, 1962 ; Studies in the islamic exact sciences, Beirut, American University, 1983
- Laura Smoller, History, Prophecy, and the Stars, Princeton (New Jersey), Princeton University Press, 1994
- Donald V. Etz, "Conjunctions of Jupiter and Saturn", in Journal of the Royal Astronomical Society of Canada, 94, 2000

Les 82 conjonctions Jupiter Saturne entre 769 et 2100 (positions planétaires en projection orthogonale sur l'écliptique) :
23 JUL  769 : 00°39 LIO Feu                21 SEP 1246 : 19°07 BAL --- -- Air          18 MAI 1683 : 14°30 LIO Feu
14 FEV  789 : 16°14 POI --- -- -- Eau      25 JUL 1265 : 09°42 GEM --- -- Air          21 MAI 1702 : 06°36 BEL Feu
05 OCT  809 : 03°20 SAG Feu                31 DEC 1285 : 08°02 VER --- -- Air          05 JAN 1723 : 23°19 SAG Feu
04 JUN  829 : 08°32 LIO Feu                25 DEC 1305 : 00°49 SCO --- -- -- Eau       30 AOU 1742 : 27°09 LIO Feu
15 MAI  848 : 28°14 POI --- -- -- Eau      20 AVR 1306 : 28°05 BAL --- -- Air          18 MAR 1762 : 12°21 BEL Feu
24 DEC  868 : 13°54 SAG Feu                19 JUL 1306 : 26°01 BAL --- -- Air          05 NOV 1782 : 28°07 SAG Feu
08 SEP  888 : 21°41 LIO Feu                01 JUN 1325 : 17°53 GEM --- -- Air          17 JUL 1802 : 05°08 VIR --- Ter
13 MAR  908 : 04°46 BEL Feu                24 MAR 1345 : 19°01 VER --- -- Air          19 JUN 1821 : 24°39 BEL Feu
25 OCT  928 : 18°54 SAG Feu                25 OCT 1365 : 07°01 SCO --- -- -- Eau       26 JAN 1842 : 08°54 CAP --- Ter
28 JUL  948 : 29°51 LIO Feu                09 AVR 1385 : 25°54 GEM --- -- Air          21 OCT 1861 : 18°22 VIR --- Ter
25 JUN  967 : 17°34 BEL Feu                16 JAN 1405 : 23°46 VER --- -- Air          18 AVR 1881 : 01°36 TAU --- Ter
06 OCT  967 : 14°42 BEL Feu                14 FEV 1425 : 17°18 SCO --- -- -- Eau       28 NOV 1901 : 14°00 CAP --- Ter
04 JAN  968 : 12°09 BEL Feu                18 MAR 1425 : 16°33 SCO --- -- -- Eau       10 SEP 1921 : 26°36 VIR --- Ter
16 JAN  988 : 29°55 SAG Feu                26 AOU 1425 : 12°40 SCO --- -- -- Eau       08 AOU 1940 : 14°27 TAU --- Ter
08 NOV 1007 : 13°05 VIR --- Ter            14 JUL 1444 : 08°57 CAN --- -- -- Eau       20 OCT 1940 : 12°28 TAU --- Ter
07 MAR 1008 : 10°23 VIR --- Ter            08 AVR 1464 : 04°35 POI --- -- -- Eau       15 FEV 1941 : 09°07 TAU --- Ter
01 JUN 1008 : 08°28 VIR --- Ter            18 NOV 1484 : 23°11 SCO --- -- -- Eau       19 FEV 1961 : 25°12 CAP --- Ter
20 AVR 1027 : 25°26 BEL Feu                25 MAI 1504 : 16°25 CAN --- -- -- Eau       31 DEC 1980 : 09°30 BAL --- -- Air
18 NOV 1047 : 05°08 CAP --- Ter            31 JAN 1524 : 09°14 POI --- -- -- Eau       04 MAR 1981 : 08°06 BAL --- -- Air
19 SEP 1067 : 21°25 VIR --- Ter            18 SEP 1544 : 28°05 SCO --- -- -- Eau       24 JUL 1981 : 04°56 BAL --- -- Air
26 FEV 1087 : 03°22 TAU --- Ter            25 AOU 1563 : 29°10 CAN --- -- -- Eau       28 MAI 2000 : 22°43 TAU --- Ter
09 FEV 1107 : 16°27 CAP --- Ter            03 MAI 1583 : 20°11 POI --- -- -- Eau       21 DEC 2020 : 00°29 VER --- -- Air
07 AOU 1127 : 29°19 VIR --- Ter            18 DEC 1603 : 08°19 SAG Feu                 31 OCT 2040 : 17°56 BAL --- -- Air
04 JUN 1146 : 17°31 TAU --- Ter            16 JUL 1623 : 06°36 LIO Feu                 07 AVR 2060 : 00°46 GEM --- -- Air
11 DEC 1166 : 21°43 CAP --- Ter            24 FEV 1643 : 25°07 POI --- -- -- Eau       15 MAR 2080 : 11°52 VER --- -- Air
08 NOV 1186 : 12°04 BAL --- -- Air         16 OCT 1663 : 12°58 SAG Feu                 18 SEP 2100 : 25°32 BAL --- -- Air
16 AVR 1206 : 25°46 TAU --- Ter            24 OCT 1682 : 19°09 LIO Feu
05 MAR 1226 : 02°58 VER --- -- Air         09 FEV 1683 : 16°43 LIO Feu

KEPLER, Mysterium cosmographicum, 1596 KEPLER, Trigono Igneo, 1606

Comme les conjonctions progressent dans le zodiaque tous les 60 ans environ et se décalent légèrement en raison de la précession, les cycles ont plusieurs fois été réajustés. Kepler, dans la préface au lecteur de son Mysterium cosmographicum, présente un cycle zodiacal de 40 conjonctions sur environ 795 ans, avec une avancée zodiacale moyenne de 9° (en réalité 8.6°) tous les 60 ans (in Prodromus dissertationum cosmographicarum, continens Mysterium cosmographicum, Tubingen, Georgius Gruppenbachius, 1596, p.9). Le 13 mars 908, la conjonction est à 4°46 du Bélier ; le 21 mai 1702, après 794 ans et 2 mois environ, elle est à 6°36 du même signe. Kepler donne encore un schéma des conjonctions Jupiter-saturne de 1583 à 1763 au chapitre VI de son De Stella Nova in pede Serpentarii, et qui sub ejus exortum de novo iniit, Trigono Igneo (Prague, Paulus Sessius, 1606, p.25). Après environ 794 ans, les conjonctions reviennent à des positions zodiacales assez proches comme l'atteste les données qui suivent pour les périodes 809-1306 et 1603-2100 :
05 OCT  809 : 03°20 SAG →→→ 18 DEC 1603 : 08°19 SAG Feu
04 JUN  829 : 08°32 LIO →→→ 16 JUL 1623 : 06°36 LIO Feu
15 MAI  848 : 28°14 POI →→→ 24 FEV 1643 : 25°07 POI --- -- -- Eau
24 DEC  868 : 13°54 SAG →→→ 16 OCT 1663 : 12°58 SAG Feu
08 SEP  888 : 21°41 LIO →→→ 24 OCT 1682 : 19°09 LIO Feu
13 MAR  908 : 04°46 BEL →→→ 21 MAI 1702 : 06°36 BEL Feu
25 OCT  928 : 18°54 SAG →→→ 05 JAN 1723 : 23°19 SAG Feu
28 JUL  948 : 29°51 LIO →→→ 30 AOU 1742 : 27°09 LIO Feu
25 JUN  967 : 17°34 BEL →→→ 18 MAR 1762 : 12°21 BEL Feu
16 JAN  988 : 29°55 SAG →→→ 05 NOV 1782 : 28°07 SAG Feu
01 JUN 1008 : 08°28 VIR →→→ 17 JUL 1802 : 05°08 VIR --- Ter
20 AVR 1027 : 25°26 BEL →→→ 19 JUN 1821 : 24°39 BEL Feu
18 NOV 1047 : 05°08 CAP →→→ 26 JAN 1842 : 08°54 CAP --- Ter
19 SEP 1067 : 21°25 VIR →→→ 21 OCT 1861 : 18°22 VIR --- Ter
26 FEV 1087 : 03°22 TAU →→→ 18 AVR 1881 : 01°36 TAU --- Ter
09 FEV 1107 : 16°27 CAP →→→ 28 NOV 1901 : 14°00 CAP --- Ter
07 AOU 1127 : 29°19 VIR →→→ 10 SEP 1921 : 26°36 VIR --- Ter
04 JUN 1146 : 17°31 TAU →→→ 08 AOU 1940 : 14°27 TAU --- Ter
11 DEC 1166 : 21°43 CAP →→→ 19 FEV 1961 : 25°12 CAP --- Ter
08 NOV 1186 : 12°04 BAL →→→ 31 DEC 1980 : 09°30 BAL --- -- Air
16 AVR 1206 : 25°46 TAU →→→ 28 MAI 2000 : 22°43 TAU --- Ter
05 MAR 1226 : 02°58 VER →→→ 21 DEC 2020 : 00°29 VER --- -- Air
21 SEP 1246 : 19°07 BAL →→→ 31 OCT 2040 : 17°56 BAL --- -- Air
25 JUL 1265 : 09°42 GEM →→→ 07 AVR 2060 : 00°46 GEM --- -- Air
31 DEC 1285 : 08°02 VER →→→ 15 MAR 2080 : 11°52 VER --- -- Air
20 AVR 1306 : 28°05 BAL →→→ 18 SEP 2100 : 25°32 BAL --- -- Air

Les premières apparitions de la conjonction dans l'Élément associé au signe zodiacal présente une suite d'intervalles irréguliers (238-179-119-298-199-178 ans) et une double succession zodiacale (du Lion au Sagittaire, puis de la Vierge à la Balance) :
23 JUL  769 : 00°39 LIO Feu
08 NOV 1007 : 13°05 VIR --- Ter
08 NOV 1186 : 12°04 BAL --- -- Air
25 DEC 1305 : 00°49 SCO --- -- -- Eau
18 DEC 1603 : 08°19 SAG Feu
17 JUL 1802 : 05°08 VIR --- Ter
31 DEC 1980 : 09°30 BAL --- -- Air

L'entrée définitive de la conjonction dans l'Élément associé au signe zodiacal, le schéma généralement privilégié, présente aussi une suite d'intervalles irréguliers (179-179-199-238-179-178 ans) et également une double succession zodiacale (du Sagittaire au Verseau, puis du Scorpion au Verseau) :
24 DEC  868 : 13°54 SAG Feu
18 NOV 1047 : 05°08 CAP --- Ter
05 MAR 1226 : 02°58 VER --- -- Air
14 FEV 1425 : 17°18 SCO --- -- -- Eau
16 OCT 1663 : 12°58 SAG Feu
26 JAN 1842 : 08°54 CAP --- Ter
21 DEC 2020 : 00°29 VER --- -- Air

Seules les premières conjonctions dans l'ordre des signes zodiacaux présente un cycle régulier de 179 ans. Les Éléments n'y jouent aucun rôle. Les périodes délimitées sont historiquement significatives, de sorte que la première apparition des conjonctions Jupiter Saturne dans chacun des signes zodiacaux semble rythmer les périodes historiques. Ce découpage, généralement ignoré, épouse assez bien les connaissances historiques et atteste de la pertinence du cycle jupitéro-saturnien, et non de son obsolescence comme il est fréquemment et hâtivement déclaré.
13 MAR  908 : 04°46 BEL Naissance des Nations
26 FEV 1087 : 03°22 TAU Moyen Age central
25 JUL 1265 : 09°42 GEM Ère scolastique
14 JUL 1444 : 08°57 CAN Renaissance
16 JUL 1623 : 06°36 LIO Époque classique
17 JUL 1802 : 05°08 VIR Ère industrielle
24 JUL 1981 : 04°56 BAL Ère informatique
21 DEC 2159 : 07°59 SCO ???
02 DEC 2338 : 02°01 SAG ???

Les conjonctions ne sont jamais exactes, mais surviennent avec un orbe moyen d'environ 1 degré en raison des faibles inclinaisons des deux planètes. En outre, les échéances du cycle historique saturno-jupitérien résultent de sa synchronisation avec les cycles planétaires de plus courte période : elles sont renforcées par les aspects surtout les conjonctions aux autres planètes, notamment à Mars. Le cycle lunaire peut compléter la période effective des conjonctions qui durent parfois plusieurs jours en raison de l'orbe accepté, notamment en raison du phénomène de transfert de lumière (translation of light). Cependant les triples conjonctions Saturne/Jupiter/Mars sont rarissimes : je n'en relève que 9 durant la période de temps considérée (769-2100) dont 3 au XVIe siècle :

n°1- 06 octobre 828 (conjonction à la Lune, quadrature à Mercure et Vénus) Dénouement du siège de Syracuse par les Aghlabides.
n°2- 20 janvier 869 (quadrature à la Lune et Vénus)
n°3- 02 mars 1345 (conjonction à la Lune, quadrature à Cérès)
n°4- 18 octobre 1503 (quadrature à la Lune) Assassinat de Pie III après 26 jours de pontificat.
n°5- 05 février 1524 (conjonction à la Lune, Neptune et Vénus) Destruction du royaume quiché maya de Qumarkaj par Pedro de Alvarado.
n°6- 01 février 1544 (opposition à la Lune, quadrature à Cérès et Uranus)
n°7- 20 septembre 1682 (quadrature à la Lune)
n°8- 11 janvier 1723 (quadrature à la Lune et Chiron, opposition à Cérès, quadrature à Pluton)
n°9- 13 décembre 1901 (conjonction à la Lune)

triple conjonction Saturne/Jupiter/Mars AD 828
triple conjonction Saturne/Jupiter/Mars AD 869
triple conjonction Saturne/Jupiter/Mars AD 1345
triple conjonction Saturne/Jupiter/Mars AD 1503
triple conjonction Saturne/Jupiter/Mars AD 1524
triple conjonction Saturne/Jupiter/Mars AD 1544
triple conjonction Saturne/Jupiter/Mars AD 1682
triple conjonction Saturne/Jupiter/Mars AD 1723
triple conjonction Saturne/Jupiter/Mars AD 1901


La durée limitée du cycle initial (20 ans, ou plus exactement 19.866 ans) a incité à rechercher des modèles aux périodes plus amples. Albumasar, afin de déterminer la durée de vie d'un royaume ou d'un empire, imagine un cycle de 3 siècles (10 révolutions saturniennes) à partir duquel Pierre d'Ailly a annoncé une mutation cruciale pour l'année 1789, et Abraham Ibn Ezra (XIIe siècle), l'Avenarius des latins, imagine un cycle symbolique de 354 ans et 4 mois (équivalent à l'année lunaire de 354 jours et 8 heures) que chacune des planètes du Septénaire gouvernerait tour à tour selon l'ordre inverse des planètes associées aux sept jours de la semaine. Le modèle est repris en 1508 par Jean Trithème dans son fameux Traité des sept causes secondes (1522 ; 1545 ; Paris, Chamuel, 1897 ; Milano, Archè, 1974), par Pierre Turrel dans Le periode c'est à dire la fin du monde (ca. 1531), par Richard Roussat dans son Livre de l'estat et mutation des temps (1550), par Nostradamus et quelques autres.



14. LES CYCLES D'URANUS, NEPTUNE ET PLUTON

La découverte des planètes trans-saturniennes aura renouvelé le modèle des Grandes Conjonctions, qui peut désormais s'appliquer aux rapports cycliques entre les trois planètes lentes. Contrairement aux révolutions sidérales de Saturne, Jupiter et Mars, celles des trans-saturniennes obéissent à des rapports de synchronisation : les révolutions sidérales de Pluton (247,92 ans) et de Neptune (164,79 ans) valent respectivement environ 3 et 2 fois celle d'Uranus (84,017 ans). La réflexion sur les corrélations des conjonctions Pluton/Neptune et Neptune/Uranus à l'histoire des civilisations est amorcée au cours de la guerre 39-45, comme en témoigne la brève bibliographie qui suit :

- Margaret Morrell, "Research" [sur le cycle Uranus-Neptune], in American Astrology, avril-mai-juin 1939
- Louis Horicks et Henriette Michaux, Traité pratique d'astrologie mondiale, Nice, Soirées Astrologiques, 1941
- Michel de Socoa (alias Luc Benoist), Les grandes conjonctions, base de l'astrologie mondiale, Paris, Chacornac, 1951
(cf. sa "Grande doriphorie de l'an 1989 dressée pour Moscou", p.37, annonçant que "la fin du XXème siècle verra un renouveau total de la figure du monde", p.40)
- André Barbault, Les Astres et l'Histoire, Paris, Pauvert, 1967 (aucune prévision ni allusion à une future crise soviétique aux "Perspectives mondiales jusqu'à l'an 2000", p.289-325 ; cf. CURA)
- Dane Rudhyar, La dimension galactique de l'astrologie, 1974 ; Monaco, Le Rocher, 1983
- Robert Doolaard, Golven, planetaire invloeden op de beschaving, 600 v. Chr.- 2000 A.D., Deventer, Ankh-Hermes, 1986, 144 p. (compilation in "The Pluto-Neptune cycles", The Astrological Journal, 32.5-6 et 33.1-2, 1990-1991)
- Robert Hand, "Neptune Pluto Cycle: The pulse of Western civilization", in NCGR Journal, Autumn 1990, p.27-35
- Michael Baigent et al., Mundane Astrology, 1984 ; London, The Aquarian Press, 1992
- Eric Alan Meece, Horoscope for the New Millennium, St. Paul, Llewellyn Publications, 1997
- Palden Jenkins, "Astrological Cycles in History", CURA, 2002, et The Historical Ephemeris
- Van K. Golay, Political Astrology. The Astrology of Western Imperialism and its resolution with longevity, ca. 2014

Aux 12 périodes planétaires (de la Lune à Pluton) s'ajoutent les 66 cycles relationnels des planètes prises deux à deux, soit 78 cycles au total dont seuls quelques uns sont historiquement significatifs. L'interpénétration de ces 78 cycles est d'une complexité inextricable. Les périodes des principaux cycles relationnels varient de 14 ans à environ 491 ans.
Pluton-Neptune 491.456 ans
Pluton-Uranus  127.084 ans
Pluton-Chiron   63.197 ans
Neptune-Uranus 171.408 ans
Neptune-Chiron  72.523 ans
Neptune-Saturne 35.854 ans
Uranus-Chiron  125.712 ans
Uranus-Saturne  45.337 ans
Uranus-Jupiter  13.813 ans
Chiron-Saturne  70.910 ans
Chiron-Jupiter  15.520 ans
Saturne-Jupiter 19.866 ans
Parmi ces douze cycles, seuls les cycles urano-neptunien et neptuno-plutonien évoluent dans une progression zodiacale régulière et paraissent indiqués pour être corrélés aux principales phases de l'évolution technologique, spirituelle et socio-historique des cultures. Trois autres cycles sont relativement synchrones :

Ainsi 11 cycles NEP équivalent à 36 cycles CHI ou 1812,8 ans (à 2 mois près).
Et 29 cycles NEP-URA valent environ 10 cycles PLU-NEP, soit Et 9 cycles NEP-URA valent environ 34 cycles URA-SAT, soit 1542 ans (à 6 mois près).
Et 7 cycles URA-SAT valent 16 cycles SAT-JUP ou encore 317,6 ans (à 3 mois près).
Pluton-Neptune 491.456 ans
Neptune-Uranus 171.408 ans
Pluton-Uranus  127.084 ans
Neptune-Chiron  72.523 ans
Uranus-Saturne  45.337 ans
Saturne-Jupiter 19.866 ans (+ 9 grands cycles en 178,8 ans : cf. supra)
Fernand Braudel distingue trois plans historiques : un niveau événementiel de courte durée, un niveau économico-social de durée moyenne, et une histoire géographique de longue durée, une histoire "quasi immobile, celle de l'homme dans ses rapports avec le milieu qui l'entoure" (Écrits sur l'histoire, Flammarion, 1969, p.11), qui se rapporterait aux constantes et aux transformations sociétales profondes et aurait pour tâche d'étudier l'évolution des formes d'activité sociale, des modes d'enracinement au milieu naturel et des structures mentales, cognitives et spirituelles.

En astrologie, la fonction d'imprégnation durable de la conscience est régie par les planètes lentes, principalement Uranus, Neptune et Pluton, opérant par transits au niveau individuel (d'une durée variant entre 3 à 18 mois) et à travers des périodes de plusieurs siècles au niveau collectif. En 3950 ans environ, compte tenu de la précession, se déroulent 8 cycles Pluton/Neptune, 23 cycles Neptune/Uranus, et aussi 22 grands cycles Saturne/Jupiter de 179 ans. Les autres cycles planétaires s'inscrivent à l'intérieur de ce super-cycle, la nouvelle Grande Année de l'astrologie moderne, dont les autres cycles ne seraient que des modulations.

Les relations aspectuelles d'Uranus avec les échéances principales du cycle neptuno-plutonien marquent les grands bouleversements de la conscience collective. Ainsi, deux ou trois grands moments jalonnent l'histoire cyclique depuis trois millénaires. Il faut remonter en avril 576 B.C. pour trouver une triple conjonction Pluton/Neptune/Uranus (à environ 11° du Taureau) et en septembre 1395 A.D. pour l'opposition d'Uranus à Pluton et Neptune conjoints (à environ 29° du Taureau). Rudhyar note que les planètes "Uranus, Neptune et Pluton étaient très proches de la conjonction pendant le printemps 576 et le printemps 575 avant J.C., au milieu du Taureau." (in La dimension galactique de l'astrologie, Rocher, 1983, p.150). Ces deux moments critiques sont les seuls pour lesquels se présentent de telles configurations durant cinq millénaires : il faudra attendre l'an 3369 A.D. pour que se réforme la triple conjonction. Cependant ces conjonctions, notamment celles mettant en relation Pluton, n'existent qu'en admettant des orbes très larges. En effet la forte inclinaison de Pluton fait qu'elle n'est que rarement en conjonction étroite avec l'une ou l'autre de ces planètes.

Historiens et philosophes s'accordent pour reconnaître la prééminence du VIe siècle avant l'ère chrétienne, marqué par la naissance de la philosophie et du rationalisme en Grèce, par les métamorphoses de la spiritualité en Iran (zoroastrisme), en Palestine (Ézéchiel), en Inde (les Upanishads, Mahâvîra, Bouddha, Makkhali Gosala...) et en Chine (Lao Tseu, Confucius), et du XVe siècle après l'ère chrétienne, siècle de la Renaissance, d'abord italienne puis européenne, du renouveau artistique et religieux en Chine et en Inde, de l'apogée éphémère des civilisations Aztèque et Inca.

Jacob Burckhardt s'étonne d'une étrange "mise à l'unisson de l'humanité" (in Considérations sur l'histoire universelle, Droz, Genève, 1965) à ces deux époques, qui marqueraient le sommet de la culture et l'apogée des Cités-États. Julius Evola y voit, encadrant la chute de l'empire romain au début du Ve siècle, la première et la troisième étapes d'une déliquescence spirituelle qui éloigne les consciences de la Tradition et précipite le monde moderne dans le matérialisme (in Révolte contre le monde moderne, 1934 ; Ottawa, L'Homme, 1972). Quel que soit le sens à donner à ces époques critiques, lesquelles délimitent les époques organiques qui leur succèdent, aucune explication conjoncturelle n'a pu être avancée par les historiens des mentalités ou des civilisations quant à cette simultanéité des renversements des valeurs et des mutations de conscience au sein d'aires de civilisation indépendantes. La distinction entre périodes critiques et organiques est développée par le philosophe économiste Claude-Henri de Saint-Simon, pour qui les époques critiques (le VIe siècle en Grèce et la Renaissance précisément) sont décadentes car individualistes.

D'autres moments critiques jalonnent l'évolution cyclique planétaire et humaine, comme en témoigne l'examen des échéances du cycle neptuno-plutonien pendant 6 millénaires. L'histoire des grandes civilisations antiques, et notamment de l'Égypte et de la Chine, semble rythmée par ce cycle de cinq siècles.

Conjonctions Pluton Neptune
19 MAR 3552 BC : 09°59 POI Conj. JUP et Trig. URA Scorpion
11 JUN 3057 BC : 21°15 POI (aussi le 09 MAR 3056 BC à 20°19 POI)
31 MAI 2561 BC : 01°35 BEL Opp. JUP
28 MAI 2065 BC : 11°48 BEL Conj. SAT
22 MAI 1569 BC : 21°35 BEL
27 AVR 1073 BC : 00°33 TAU
15 MAI  578 BC : 09°10 TAU Conj. URA (cf. la triple Conj. en Opp. à SAT-MAR et au Carré de JUP le 1 Oct. 577 BC)
04 JUL   84 BC : 16°59 TAU (aussi le 05 AVR 83 BC à 16°03 TAU avec URA Opp. JUP)
29 JUN  411 AD : 23°17 TAU Conj. SAT et Carré URA Verseau (Sac de Rome)
21 MAI  905 AD : 28°26 TAU Conj. CHI
22 JUN 1398 AD : 03°49 GEM
02 AOU 1891 AD : 08°38 GEM
20 MAI 2385 AD : 12°04 GEM
02 JUN 2878 AD : 15°57 GEM
Oppositions Pluton Neptune
06 DEC 3307 BC : 12°15 POI-VIR
11 DEC 2811 BC : 22°55 POI-VIR
22 DEC 2315 BC : 03°23 BEL-BAL
01 JAN 1818 BC : 13°35 BEL-BAL (avec NEP Conj. MAR)
28 DEC 1323 BC : 23°29 BEL-BAL
24 JAN  827 BC : 01°53 TAU-SCO (avec PLU Conj. SAT et Trig. JUP)
12 JAN  332 BC : 10°01 TAU-SCO et Opp. JUP URA en Balance/Bélier (Siège de Tyr par Alexandre)
27 JAN  163 AD : 16°38 TAU-SCO
15 DEC  657 AD : 24°15 TAU-SCO
28 DEC 1150 AD : 28°59 TAU-SCO
16 JAN 1644 AD : 03°25 GEM-SAG (avec NEP Trig. SAT en Bélier)
30 JAN 2137 AD : 07°33 GEM-SAG (avec PLU Trig. URA en Balance)
18 DEC 2631 AD : 14°00 GEM-SAG (avec CHI en Vierge Carré PLU et NEP)


Les échéances du grand cycle Pluton/Neptune sont modulées par celles du cycle Neptune/Uranus de 171,4 ans (en concurrence avec le grand cycle Saturne/Jupiter de 178,8 ans) : première conjonction "récente" en Bélier à 9°18 le 27 avril 919 BC, puis conjonctions en 747 BC, 576 BC en Taureau, 404 BC en Gémeaux, 233 BC, 62 BC en Cancer, 110 AD, 281 en Lion, 452, 623 en Vierge. L'Islam naît lors de la conjonction Neptune/Uranus de 623-624 : l'Hégire (le départ des compagnons de Mahomet pour Médine) et le départ du calendrier musulman datent du 16 juillet 622. Charlemagne, couronné empereur en 800, réunifie l'Occident à la conjonction suivante. Puis c'est au tour d'Othon Ier d'être couronné à Rome en 962 empereur du Saint Empire Romain Germanique à la suivante, et de Conrad III et des Hohenstaufen (1138) à la suivante. Le cycle neptuno-uranien entre en Balance à l'opposition de 879-881, impressionnant la conscience collective des valeurs automnales, pour près de 9 siècles. En effet, le passage en quarte hivernale (Uranus en Capricorne) a lieu lors de l'opposition de Neptune à Uranus en 1737-1738. Comme ce cycle est relativement synchrone au cycle Pluton/Neptune entre le XVe et le XXIe siècles, il est possible d'analyser ses phases, pendant cette période, comme une modulation du grand cycle.

Conjonctions et Oppositions Uranus Neptune (623-2165)
21 SEP  623 : 09°48 VIR Conj        07 NOV 1307 : 13°14 SCO Conj        22 MAR 1821 : 03°01 CAP Conj
25 AVR  624 : 08°47 VIR Conj        21 DEC 1391 : 16°40 SCO-TAU Opp     03 MAI 1821 : 02°51 CAP Conj
20 MAI  624 : 08°40 VIR Conj        18 MAR 1392 : 17°24 SCO-TAU Opp     03 DEC 1821 : 01°59 CAP Conj
16 NOV  706 : 08°39 VIR-POI Opp     24 NOV 1392 : 19°32 SCO-TAU Opp     01 MAR 1906 : 07°42 CAP-CAN Opp
17 DEC  706 : 08°56 VIR-POI Opp     23 AVR 1393 : 20°49 SCO-TAU Opp     07 MAI 1906 : 08°15 CAP-CAN Opp
04 OCT  707 : 11°27 VIR-POI Opp     02 NOV 1393 : 22°27 SCO-TAU Opp     01 FEV 1907 : 10°28 CAP-CAN Opp
07 FEV  708 : 12°33 VIR-POI Opp     26 MAI 1394 : 24°11 SCO-TAU Opp     13 JUN 1907 : 11°32 CAP-CAN Opp
08 SEP  708 : 14°24 VIR-POI Opp     11 OCT 1394 : 25°21 SCO-TAU Opp     12 JAN 1908 : 13°17 CAP-CAN Opp
13 MAR  709 : 16°01 VIR-POI Opp     04 JUL 1395 : 27°36 SCO-TAU Opp     11 JUL 1908 : 14°45 CAP-CAN Opp
15 AOU  709 : 17°21 VIR-POI Opp     11 SEP 1395 : 28°11 SCO-TAU Opp     23 DEC 1908 : 16°06 CAP-CAN Opp
22 AVR  710 : 19°31 VIR-POI Opp     06 DEC 1478 : 29°40 SCO Conj        10 AOU 1909 : 17°58 CAP-CAN Opp
15 JUL  710 : 20°15 VIR-POI Opp     26 JUN 1479 : 28°48 SCO Conj        02 DEC 1909 : 18°54 CAP-CAN Opp
02 OCT  794 : 25°41 VIR Conj        20 AOU 1479 : 28°33 SCO Conj        23 SEP 1910 : 21°18 CAP-CAN Opp
11 DEC  877 : 25°02 VIR-POI Opp     20 JAN 1563 : 02°53 SAG-GEM Opp     28 OCT 1910 : 21°34 CAP-CAN Opp
21 DEC  877 : 25°08 VIR-POI Opp     17 MAR 1563 : 03°21 SAG-GEM Opp     02 FEV 1993 : 19°34 CAP Conj
21 OCT  878 : 27°46 VIR-POI Opp     19 DEC 1563 : 05°41 SAG-GEM Opp     19 AOU 1993 : 18°49 CAP Conj
19 FEV  879 : 28°48 VIR-POI Opp     26 AVR 1564 : 06°46 SAG-GEM Opp     25 OCT 1993 : 18°33 CAP Conj
26 SEP  879 : 00°42 BAL-BEL Opp     27 NOV 1564 : 08°34 SAG-GEM Opp     07 MAR 2078 : 26°15 CAP-CAN Opp
25 MAR  880 : 02°16 BAL-BEL Opp     28 MAI 1565 : 10°05 SAG-GEM Opp     06 JUN 2078 : 26°59 CAP-CAN Opp
02 SEP  880 : 03°39 BAL-BEL Opp     06 NOV 1565 : 11°27 SAG-GEM Opp     11 FEV 2079 : 29°01 CAP-CAN Opp
03 MAI  881 : 05°45 BAL-BEL Opp     30 JUN 1566 : 13°25 SAG-GEM Opp     08 JUL 2079 : 00°12 VER-LIO Opp
04 AOU  881 : 06°33 BAL-BEL Opp     14 OCT 1566 : 14°17 SAG-GEM Opp     23 JAN 2080 : 01°48 VER-LIO Opp
10 OCT  965 : 11°26 BAL Conj        18 JAN 1650 : 16°11 SAG Conj        04 AOU 2080 : 03°22 VER-LIO Opp
06 NOV 1049 : 14°07 BAL-BEL Opp     13 JUN 1650 : 15°35 SAG Conj        04 JAN 2081 : 04°36 VER-LIO Opp
04 MAR 1050 : 15°08 BAL-BEL Opp     16 OCT 1650 : 15°03 SAG Conj        04 SEP 2081 : 06°33 VER-LIO Opp
13 OCT 1050 : 17°03 BAL-BEL Opp     24 JAN 1735 : 21°45 SAG-GEM Opp     13 DEC 2081 : 07°21 VER-LIO Opp
08 AVR 1051 : 18°34 BAL-BEL Opp     11 MAI 1735 : 22°38 SAG-GEM Opp     17 JAN 2165 : 06°27 VER Conj
20 SEP 1051 : 20°00 BAL-BEL Opp     01 JAN 1736 : 24°35 SAG-GEM Opp
13 MAI 1052 : 22°01 BAL-BEL Opp     11 JUN 1736 : 25°55 SAG-GEM Opp
24 AOU 1052 : 22°54 BAL-BEL Opp     12 DEC 1736 : 27°26 SAG-GEM Opp
17 OCT 1136 : 27°07 BAL Conj        12 JUL 1737 : 29°11 SAG-GEM Opp
26 NOV 1220 : 00°26 SCO-TAU Opp     21 NOV 1737 : 00°16 CAP-CAN Opp
13 MAR 1221 : 01°21 SCO-TAU Opp     18 AOU 1738 : 02°29 CAP-CAN Opp
01 NOV 1221 : 03°21 SCO-TAU Opp     24 OCT 1738 : 03°02 CAP-CAN Opp
17 AVR 1222 : 04°47 SCO-TAU Opp
10 OCT 1222 : 06°17 SCO-TAU Opp
22 MAI 1223 : 08°12 SCO-TAU Opp
16 SEP 1223 : 09°11 SCO-TAU Opp

1391-1398. Opposition URA NEP, Conjonction NEP PLU
Fin de la féodalité et de l'économie médiévale. Renaissance en Italie.
Crise de l'Église, partagée entre Rome et Avignon : le grand schisme d'Occident. Mouvements réformistes en Angleterre et en Bohême.
Début du capitalisme. Apparition des premières places bancaires. L'argent remplace la propriété foncière.
Naissance de Gutenberg (en 1399). Premiers explorateurs. Reconstitution éphémère de l'empire mongol par Tamerlan.
Fin de l'ère Taureau et passage à l'ère Gémeaux, le 13 mai 1397.

1478-1479. Conjonction URA NEP
Début de la centralisation, du renforcement du pouvoir administratif et royal (Espagne, France, Angleterre). Réorganisation de l'Inquisition en Espagne par Torquemada.
Exode des lettrés grecs vers l'Europe après le siège de Constantinople et la destruction de l'Empire byzantin par les Turcs (1453).
Avènement de la Russie moderne sous Ivan III. Éviction des mongols. Apogée de l'empire Aztèque.
Humanisme. Philologie, Réforme. Ficin, Érasme. Expansion de l'imprimerie. Naissance de Copernic (en 1473). L'héliocentrisme. Naissance de Luther (en 1483).
Naissance de Magellan (en 1480). Découvertes géographiques : les portugais atteignent la pointe sud de l'Afrique et de l'Inde ; les espagnols découvrent le continent américain.

1563-1566. Opposition URA NEP
Concile de Trente. Riposte catholique à la Réforme. Stabilisation de l'église anglicane sous Elizabeth (1563). Début des guerres de religion en France (1562).
Naissances de F. Bacon (en 1561) et de Galilée (en 1564), précurseurs de la science expérimentale. Mort de Nostradamus (1566).
Début de la colonisation et de la traite négrière. Massacres, évangélisation et asservissement des indigènes au Mexique et au Pérou. Ivan IV fonde l'empire russe (1565).

1644-1650. Opposition NEP PLU, Conjonction URA NEP
Fin de la Renaissance. Révolution anglaise. Cromwell. Exécution du roi Charles Ier (en 1649).
Échec de la Fronde en France. Renforcement de l'absolutisme de Louis XIV (prise du pouvoir en 1643) et déclin de l'autorité de la noblesse. Sécularisation étatique.
Fin de la guerre de 30 ans. Le traité de Westphalie (1648) entérine l'émiettement allemand.
Naissances de Newton (en 1643) et de Leibniz (en 1646). Abandon de la notion de Cosmos. La science expérimentale.
Empires coloniaux (Espagne, Portugal, Russie, Turquie). Fin de la dynastie Ming en Chine (1644). Début de la dynastie Qing.

1735-1738. Opposition URA NEP
Début de l'accélération de la croissance démographique. Début de la révolution industrielle en Angleterre. Avènement de l'âge technico-scientifique.
Les Lumières en Europe : rationalisme, esprit critique, tolérance religieuse, morale bourgeoise. Empires coloniaux (Angleterre, France, Pays-Bas).
Naissance de Washington (en 1732) qui mène les colonies anglaises d'Amérique à l'indépendance. Naissance de James Watt (en 1736) technicien de la machine à vapeur.

1821. Conjonction URA NEP
Propagation de l'industralisation en Europe (industrie textile, mines, métallurgie). Le chemin de fer en Angleterre (1819). Capitalisme industriel et monétaire.
Géométries non-euclidiennes. Thermodynamique (mouvement brownien). Progrès techniques : électricité, télégraphe, photographie, armes à feu.
Renforcement de l'impérialisme européen en Afrique et en Asie. Naissance du libéralisme économique et de la pensée sociale et socialiste. Le suffrage universel.
Affaiblissement de l'Espagne à la suite des guerres napoléoniennes. Déclaration d'indépendance du Pérou (1821), du Brésil (1822), du Mexique (1824). Mort de Napoléon (1821).

1891-1910. Conjonction NEP PLU, Opposition URA NEP
Économie et culture de masse. Affaiblissement des empires européens. Avènement de la puissance industrielle des États-Unis.
Guerre russo-japonaise (1904-1905). Première révolution russe, émeutes paysannes (1905). Révolution chinoise (1911) et déclaration d'indépendance. Apparition de l'État communiste. Révolution mexicaine (1910).
Explosion de la Toungouska (1908). Découvertes scientifiques : rayons X, radioactivité, structure de l'atome. La mécanique quantique. La relativité.
L'avion. L'automobile. Les ondes radio. Le téléphone. Le phonographe. Le cinéma (1895).
La peinture abstraite. L'art moderne. Mort de Nietzsche (1900).

1993. Conjonction URA NEP
Apogée de la bureaucratie. Déclin de l'Europe. Chute du mur de Berlin (1989). Éclatement de l'U.R.S.S. (1991). Fin du communisme européen et de la guerre froide.
Propagation de l'informatique et expansion de l'internet. Mondialisation.
Thèse de philosophie astrale à la Sorbonne (1993).

Le déclin de l'astrologie a commencé au milieu du XVIIe siècle, et le cycle urano-neptunien illustre aussi les phases successives de son rejet des sociétés modernes européennes, à commencer par la France, championne de l'obscurantisme et de l'exclusion. D'après Nostradamus il faudra attendre le début du XXIIe siècle pour que l'astrologue retrouve une place congrue dans la société et sorte de l'humiliation systématique instrumentalisée par les larbins journalistiques et chiens médiatiques (cf. mon Manifeste, 6 et Nostradamus ou l'Éclat des Empires, Paris, 2011) :
En 1650, l'astrologie était Erreur, égarement de la raison ; en 1735, elle était Illusion, chimère de la conscience ; en 1820, Idiotie, stupidité de l'esprit.
En 1900, elle était Absurdité, extravagance de l'intellect ; en 1990, elle devient Anormalité, perversion de la pensée unique, anomalie aconsensuelle.



15. LES AUTRES CYCLES ET CONFIGURATIONS

Le devenir des cultures et des civilisations, leurs rapports et leurs affiliations éventuelles, semblent régis par des moments d'union, de coordination (conjonctions) ou de tension, de désunion (oppositions). Une analyse plus différenciée des cycles planétaires devrait prendre en compte les échéances intermédiaires des grands cycles (carrés et trigones) ainsi que les phases complémentaires résultant des autres cycles relationnels. En particulier les aspects de Jupiter et de Saturne à une conjonction ou à une opposition des lentes produisent un renforcement de l'effet, propice au déclenchement de l'événement. En outre, en mondiale, comme en astrologie généthliaque, l'astral n'est à prendre en considération que parmi d'autres facteurs : le milieu géo-climatique, le caractère des peuples, l'unité ou la diversité des ethnies au sein d'une nation, la conjoncture économique et politique, l'ambition personnelle des dirigeants...

Le cycle urano-plutonien, de progression zodiacale irrégulière, semble indiquer des phases technologiques cruciales, comme l'illustrent ses récentes échéances : 1455 (l'imprimerie), 1597 (la lunette astronomique), 1710 (la machine à vapeur), 1850 (la fabrication industrielle de l'acier), 1965 (l'informatique et la biologie cellulaire).

L'entrée d'Uranus en quarte zodiacale tous les 21 ans environ est un marqueur naturel générationnel. La durée actuelle de renouvellement des populations, de 25 à 30 ans dans les pays à populations vieillissantes, n'est plus synchrone au cycle uranien.

L'entrée des planètes, et notamment des lentes, dans les quartes zodiacales (au début des Bélier, Cancer, Balance et Capricorne) est un autre facteur significatif : Uranus a un cycle moyen, irrégulier, de 21 ans (un quart de sa révolution sidérale), Neptune de 41 ans, et Pluton de 62 ans. En outre la présence des planètes dans les signes zodiacaux qui leur sont associés par les Maîtrises (notamment Domiciles et Exils) est un autre facteur, souvent décisif. Ainsi l'occupation du Taureau ou du Verseau par Uranus, celle de la Balance ou de la Vierge par Neptune, et celle du Scorpion ou du Lion par Pluton délimitent des périodes particulièrement critiques, d'une durée variant entre 5 et 15 ans.

La succession des guerres et des conflits armés qui résultent de l'affrontement de plusieurs protagonistes aux intérêts politiques, économiques et idéologiques divergents, semble obéir à certains rythmes planétaires : une polémologie cyclique, une polémocyclologie astrale, peut être organisée sur ces bases. Les signes printaniers et leurs planètes associées (Mars, Jupiter et Uranus) favorisent, au niveau individuel ou collectif, les tendances belliqueuses, dominatrices et autoritaristes, impérialistes, et exacerbent la soif des conquêtes et de pouvoir. Le polémologue relève, entre 1740 et 1974, deux années particulièrement chargées en conflits armés (parmi une vingtaine à travers le monde), les années 1863 et 1864 (Gaston Bouthoul et René Carrère, Le défi de la guerre (1740-1974), P.U.F., 1976). Or, pendant cette période de plus de deux siècles, les planètes lentes ne se sont trouvées toutes trois en quarte printanière qu'entre avril 1861 et juin 1865.

Le cycle jupitéro-uranien, d'une période moyenne de 14 ans, progresse plus ou moins régulièrement dans le zodiaque (la conjonction se répétant tous les deux signes environ) en stimulant l'agressivité collective : "un cycle qui, tous les quatorze ans, relance les passions et les intérêts dans des expériences de tension économique et politique" (André Barbault, 1967, p.48). Mars, la planète guerrière de l'astrologie grecque, n'a qu'un rôle de catalyseur en raison de son cycle court (environ deux années). En 1748 la conjonction Uranus Jupiter est en Verseau, en 1762 elle est en Bélier, en 1775 en Gémeaux, en 1789 en Lion, en 1803 en Balance, en 1817 en Sagittaire, en 1831 en Verseau, en 1845 en Bélier, en 1858 fin Taureau, en 1872 fin Cancer, en 1886 en Balance, en 1900 en Sagittaire, en 1914 en Verseau, en 1927 en Bélier, en 1941 fin Taureau, en 1954 fin Cancer, en 1968 en Balance, en 1983 en Sagittaire, en 1997 en Verseau, en 2010 en Bélier.

Parmi ces conjonctions, certaines ont lieu dans des signes zodiacaux associés à Uranus ou à Jupiter par maîtrise : en Gémeaux (Domicile de Jupiter et Chute d'Uranus), en Taureau (Domicile d'Uranus), en Verseau (Exil d'Uranus) et en Lion (Exaltation de Jupiter). Aucune n'a eu lieu en Capricorne (Exil de Jupiter et Exaltation d'Uranus) ou en Scorpion (Chute de Jupiter). Il semble qu'il se produise pour les années concernées (1748, 1775, 1789, 1831, 1858, 1914, 1941) par la conjonction en ces signes (Taureau, Gémeaux, Lion, Verseau) un renforcement significatif du taux d'agressivité et une amplification de l'intolérance et des tensions collectives, qui dépassent les volontés individuelles.

1748. Soulèvements populaires suivis de massacres au Seu-Tch'ouan contre le pouvoir mandchou. Fin de la guerre de succession d'Autriche. Affrontements coloniaux franco-anglais.
1775. Début de la guerre d'indépendance américaine. Nouvelle révolte en Chine.
1789. Révolution française.
1831. Troubles et soulèvements en Europe : en France (révolution de juillet 1830), en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Pologne.
1858. Guerre franco-autrichienne (1859) et révolte des Taiping en Chine (1850-1864, 25 millions de morts par massacre)
1914. Première guerre mondiale.
1941. Seconde guerre mondiale. Généralisation du conflit, entrée en guerre de l'Union Soviétique, des U.S.A. et du Japon.

Trois de ces dates se rapportent aux conflits les plus meurtriers qui ont ensanglanté l'Europe puis embrasé le monde entier : les guerres de la révolution française, la première et la seconde guerres mondiales.

Lors de la fameuse nuit du 4 août 1789 fut décidée et proclamée l'abolition des privilèges et des droits seigneuriaux. Le Soleil (en Domicile en Lion) se joint à la conjonction de Jupiter (en Exaltation) et d'Uranus, opposée à la Lune, avec Mars en Gémeaux, conjoint à Chiron, au carré de Saturne en Poissons et au trigone de Neptune domicilié en Balance.

Le 1er août 1914, Guillaume II déclare la guerre à la Russie et la mobilisation générale en Allemagne, suivie par celle de la France dans la journée. Le Soleil, domicilié en Lion, s'oppose à Uranus exilé en Verseau. Mars, en chute en Vierge, est en opposition à Chiron. Neptune en Chute en Cancer.

Le 22 juin 1941 marque le début de l'offensive allemande en Union Soviétique (Opération Barbarossa). La Lune et Saturne rejoignent la conjonction Uranus Jupiter, et Mars exilé en Poissons s'oppose à Neptune exilé en Vierge. Uranus est domicilié en Taureau et Pluton exilé en Lion.

En outre, entre 1937 et 1942, au Domicile d'Uranus en Taureau s'ajoutent l'Exil de Neptune en Vierge et celui de Pluton en Lion. En deux millénaires, ce sont les seules années où les trois planètes lentes se situent simultanément dans leurs signes de Domicile ou d'Exil, et il n'y a que 5 autres périodes en 3 millénaires (800 BC - 2200 AD) où les planètes les plus lentes (Uranus, Neptune, Pluton) se retrouvent domiciliées ou exilées dans leurs signes respectifs :

769-761 B.C. Dynastie des Zhou orientaux en Chine. Fondation de Carthage.
685-677 B.C. Assarhaddon roi d'Assyrie.
602-593 B.C. Invasion des Mèdes et des Scythes en Assyrie. Destruction de Smyrne. Prise de Jérusalem par les Babyloniens. Lois de Solon.
518-510 B.C. Conquêtes perses de Darius. Naissance de la République à Rome.
16-8 B.C. Campagnes d'Auguste en Illyrie et Germanie.

Les conflits majeurs obéissent à une règle simple : l'amplification, par leur conjonction et par les maîtrises, du taux conflictuel et des tendances autoritaristes de Jupiter et d'Uranus. Les tensions atteignent leur paroxysme à la conjonction ou à l'opposition du Soleil ou de Mars, amplificateurs des hostilités. Malgré les conséquences sanglantes de ce cycle, lequel intéresse d'abord l'Europe puisque les planètes en jeu sont les siennes, il apparaît comme relativement mineur par rapport aux transformations plus profondes qui affectent l'humanité lors des échéances des deux cycles les plus longs.



16. L'ÈRE GÉMEAUX-CAPRICORNE (1737-2079)

"Il y aura despotisme partout, mais despotisme sans cruauté, sans goutte de sang répandue. Un despotisme de chicane et fondé toujours sur l'interprétation des vieilles lois, sur la ruse et l'astuce du palais et de la robe, et le despotisme ne visera qu'aux finances des particuliers." (Ferdinando Galiani, 1771)


La période 1737-2079 comprend 2 cycles Uranus-Neptune de 171,4 ans, de l'opposition de novembre 1737 en à celle de février 2079 en Capricorne et Cancer. C'est à cette dernière date qu'on peut rapporter la tant attendue ère du Verseau, ou plus exactement l'ère Gémeaux-Verseau, et non d'après des cycles rapportés aux constellations.

Pour Tocqueville, les événements de 1789 ne marquent qu'une rupture apparente qui accélère le processus par lequel l'aristocratie a été progressivement dépossédée de ses privilèges. "Et ce qu'on appelle la "Révolution française", cet événement répertorié, daté, magnifié comme une aurore, n'est qu'une accélération de l'évolution politique et sociale antérieure. En détruisant non pas l'aristocratie, mais le principe aristocratique dans la société, il a supprimé la légitimité de la résistance sociale à l'État central. Mais c'est Richelieu qui avait montré l'exemple, et Louis XIV." (François Furet, Penser la Révolution française, Gallimard, 1978, p.30).

La sensibilisation collective de l'astral suppose des cycles réguliers aux périodes suffisamment longues pour imprégner durablement les consciences. L'étude des rapports entre les cycles planétaires et l'histoire des cultures et des civilisations offre des perspectives illimitées. Tout reste à creuser et méditer. Chaque nouvelle conjonction ou opposition Pluton-Neptune inaugure une mutation des mentalités collectives. L'histoire n'est pas seulement une représentation de l'esprit humain, mais l'incarnation périodique d'un processus cosmique sur les collectivités humaines.

Chaque époque a sa positivité, chaque moment temporel sa lumière. Un saisissement (Frobenius) s'opère à travers une culture, dans le cadre particulier qui est le sien : "Chaque métamorphose culturelle importante présuppose la découverte objective d'un domaine nouveau. Un saisissement ne peut avoir lieu que si quelque chose d'inobservé jusque-là devient centre d'intérêt." (Léo Frobenius, Le destin des civilisations, trad. Norbert Guterman, Gallimard, 1940, p.215). "Une histoire mondiale où les saisissements restent inaperçus n'est qu'une collection de débris." (Frobenius, p.226). L'objet de la cyclologie astrale est précisément de marquer les échéances co-ordonnées au sein du brouillage événementiel afin de donner à comprendre à quels moments ont pu apparaître de nouveaux instruments de compréhension du monde environnant. L'histoire empirique souffre de l'absence d'une trame évolutive compréhensive.

Les conjonctions Pluton-Neptune progressent lentement dans les Gémeaux depuis la fin du XIVe siècle. La dernière, celle de 1891, a eu lieu à 8°38 du signe. Les conjonctions Neptune-Uranus progressent un peu plus rapidement : celles de 1993 se situent à environ 19° du Capricorne. Depuis l'opposition d'Uranus à Neptune en novembre 1737 (avec Uranus au début du Capricorne), l'humanité est entrée dans une ère nouvelle : en effet, pendant près de huit siècles, les conjonctions neptuno-uraniennes ont et auront lieu en quarte hivernale. Aux valeurs morales et aux aspirations spirituelles de l'automne succèdent les attributs rationnels de l'hiver. L'échéance de 1737 marque la phase actuelle Gémeaux-Capricorne. En 1737, Voltaire, le dénigreur universel, a atteint son acmé.

On peut dater des années 1730 l'avènement de l'idéologie libérale, rationaliste et mécaniste, ainsi qu'une mutation démographique fondamentale : à savoir le passage d'une croissance arithmétique à une croissance logarithmique de la population mondiale. La médecine a su s'adapter à ce nouvel épistémè ; l'astrologie non. De la combinaison des principes de généralisation et de cristallisation qui caractérisent les Gémeaux et le Capricorne, signes complémentaires selon l'axe équinoxial, il résulte un curieux mélange d'individualisme au service du collectif. Comme le note Heidegger, "Sans doute les Temps Modernes ont-ils amené le règne d'un subjectivisme et d'un individualisme. Mais il est tout aussi certain qu'aucune époque avant les Temps Modernes n'a produit un objectivisme comparable, et qu'en aucune époque précédente le non-individuel n'a eu tant d'importance, sous la forme du collectif." (in Chemins qui ne mènent nulle part, trad. Wolfgang Brokmeier, Gallimard, 1962, p.115).

Les individus s'isolent les uns des autres, accaparés par leurs intérêts, soucis et plaisirs égoïstes, tout en se conformant à une identité collective factice, définie par les orientations normatives des modes environnantes. Chacun se sent à la fois seul, séparé d'autrui, déraciné de toute attache authentique, et dépersonnalisé, embrigadé, empêtré dans la mécanique d'un processus aux rouages inflexibles. La banalisation des besoins, la dégradation des moeurs, l'égalité des conditions et modes de vie (mais non celle des richesses comme le souligne Tocqueville), caractérisent le modèle démocratique et matérialiste en voie de mondialisation, et supposent le retrait de chacun dans son quant-à-soi, dans un isolement d'autant plus prononcé que, paradoxalement, chacun est plus semblable à autrui, incapable d'exprimer une quelconque authenticité ou originalité réelle. L'individu est devenu un produit de fabrication, une unité interchangeable, un élément reproductible, un pion mobile dans une compétition truquée. Son travail et son corps sont devenus des variables ajustables du Marché, la femme moderne une putain, l'homme un collaborateur, ou l'inverse. Ils sont ferrés à la machine intégrale comme des boulons. Ils naissent avec, l'entretiennent, l'intériorisent, se la transmettent par contamination. Ils sont partie prenante, active ou passive, de la machine. Ils sont la machine. Le collectif guide, prévaut, pilote, impose. L'individu n'est rien, sinon l'appendice accidentel et démultiplié d'un parangon dépersonnalisé. La machine collective dépossède, dévivifie, uniformise, nivelle, neutralise, annihile, et finalement broie.

Après l'abbé Galiani, Tocqueville prévoit et voit l'avènement d'une oppression amorphe et sans visage qui agit sur chacun et à travers tous : "Je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. (...) Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance. (...) il en couvre la surface [de la société] d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger." (De la Démocratie en Amérique, 1840, II.4.6).

L'activité de chacun est contrôlée par un lourd appareillage juridique, d'autant plus inaccessible qu'il se transforme plus vite qu'il n'est de loisir ou de moyens pour en prendre connaissance, par un réseau inextricable et incompréhensible de règlementations ambivalentes dans lesquelles le juriste même se noie. Chacun doit se conformer à l'intérêt général au nom d'un pseudo libre-arbitre qui lui est imposé. L'ère Gémeaux-Capricorne marque le passage d'une tyrannie dure à une oppression molle indéfinie, d'autant plus efficace que chacun est bercé par les rengaines d'une liberté illusoire, par les refrains d'une pseudo-citoyenneté et autres valeurs désuètes, par l'infantilisation des discours publics et des litanies médiatiques, par le mensonge institué comme valeur et référent supranational, par l'incessante et obscène bonimentation des propos.

La vision tocquevillienne se précise de jour en jour, monstrueusement creusée par le spectacle actuel. Les Masses naissent de la collectivisation des individus, et la machinerie internationale tricéphale de la collectivisation des États. Le pouvoir de décision, de formation et d'information est octroyé à de pseudo-élites interchangeables, promues en raison de leur accommodation cynique aux valeurs communes, auxquelles répond l'astreinte des foules à un confort tiède, maussade, glauque, et à un pseudo-savoir empailletté leur donnant l'illusion de vivre et de penser à l'octave de ces élites.

L'ère Gémeaux-Capricorne procède d'un double mouvement de coercition et de pétrification, de manipulation et de récupération. Chacun est enrôlé dans la manipule bureaucratique et amené à aligner ses activités et ses aspirations à des expériences communes et des habitudes normalisées, faute que lui soit reconnue la réalité même de son savoir ou de son existence. Le journal télévisé se substitue au journal intime, la mémoire et les affects collectifs à la mémoire et aux affects personnels. Tout projet individuel est mis au service de l'économie mondiale et de son auxiliaire, la technique mécanisée. Mais brouillé, saigné, noyé et vidé de sa substance. Le travail est collaboration. Collaboration au néant. Frobenius souligne que "le sens du fait achève son oeuvre suprême pendant que le sens du Réel est refoulé." (in Le destin des civilisations, p.252), et Heidegger définit le nihilisme moderne comme une décomposition (Verwesung) du monde suprasensible.

La transparence est un boulet pour l'Esprit. La Modernité a fomenté l'emprise d'une pseudo-évidence paralysant la conscience. Le réel, le vivant et l'esprit sont mutilés, pétrifiés, contaminés, bonimentés comme l'ont donné à voir, il y a un siècle, les quatre géants du cinéma muet : Griffith (la Mutilation par la brutalité), Lang (la Pétrification du quotidien), Dreyer (la Contamination par promiscuité), Chaplin (la lutte héroïque contre la Bonimentation). Le monde moderne ne fait que perfectionner les rouages de l'annihilation de l'Être par une idéologie sournoise, pragmatique et vénale. Elle a verni les barreaux d'une pesanteur étouffante, et engendré une multiplicité informe qui singe la diversité. De ce monstre vagissant, qu'on ne croie pas qu'il sortira un quelconque modèle pour l'humain, mais plus certainement un nivellement sans précédent, un état de barbarie indistinct, exterminant toute valeur affective ou spirituelle, abolissant toute dignité, anéantissant tout horizon.



Patrice Guinard: Cyclologie mondiale
Le Paradigme astral III (version 2.0 : 04-04-2017)
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