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L'oeuvre fulgurante du voyant
provençal, Prophéties et Almanachs, reste
méconnue. Ayant subi les trois traitements possibles des
politiques de bannissement (la censure et l'exclusion, la critique
diffamatoire, la falsification), jugée indigne de figurer aux
panthéons des littératures, voire dans leurs
antichambres, régulièrement vilipendée,
censurée, trahie par des obscurantismes tenaces et aujourd'hui
déchiquetée par les technocrates de la sous-culture
impérialiste mondialisée, elle aura néanmoins
réussi à traverser les siècles, et à
ressurgir authentifiée et plus étoffée au
crépuscule du XXe et à l'aube du suivant.
Certes les quatrains prophétiques,
dans des éditions plus ou moins corrompues, n'avaient
cessé de paraître et de se substituer par leur
succès populaire à celui des almanachs, imprimés
par dizaines de milliers, lus et recherchés par tous, princes et
roturiers, dès leur parution. Et quelques voix isolées
s'étaient élevées contre la mise à l'index
des cercles littéraires et l'ostracisme des universités :
François Buget et l'abbé Torné-Chavigny dans les
années 1860, puis les collectionneurs Hector Rigaux et le
péruvien Daniel Ruzo qui ont sauvé la plupart des
almanachs et pronostications qui nous restent, et enfin de rares
exégètes éclairés comme l'américain
Edgar Leoni et le roumain Vlaicu Ionescu.
Depuis 1990, les études philologiques
nostradamiennes sont en plein essor. Une dizaine de textes jusqu'alors
inconnus (almanachs, correspondance, textes et éditions parus du
vivant de Nostradamus, etc) ont été récemment
retrouvés. Mais l'essentiel restait à écrire,
à ordonner, à comprendre, car cette oeuvre
restituée par mes soins et ceux de quelques autres (notamment
Robert Benazra), demeurait encore vierge d'exégèse
impartiale et de bilans comparatifs. Mon étude propose une
lecture de la huitième centurie de ses Prophéties, dans
un texte inédit, avec les variantes des premières
éditions postérieures, le rappel des principales
interprétations proposées pendant cinq siècles, et
l'éclaircissement des deux tiers des quatrains, ceux dont
l'interprétation reste possible car historiquement échue.
En effet les Prophéties opèrent sur environ sept
siècles, soit de 1555 à 2242 environ (comme il en
résulte des indications données dans les deux
préfaces à son texte), et le tiers des quatrains restants
concerne la période 2013-2242.
Nostradamus reste avec
Ptolémée, le plus connu parmi les auteurs
rattachés à l'astrologie. Mais les astrologues
généralement l'ignorent et ne le considèrent pas
comme l'un des leurs. Ils découvriront dans cet ouvrage, la
pratique très personnelle de l'astrologie de celui qui se disait
astrophile, et aussi le moment où les astrologues pourraient
regagner l'estime des sphères intellectuelles.
L'objet de cet ouvrage est de montrer, voire
démontrer, la réalité des visions du
prophète provençal, mal lu, mal interprété,
mal compris depuis plus de quatre siècles. L'ouvrage, bien que
doté d'une documentation précise, reste accessible
à tous, pour qui voudrait s'intéresser au passé,
voire au futur de l'humanité, tel qu'il est proposé dans
les quatrains.
N. Ed. : Patrice Guinard, docteur en
Philosophie, seiziémiste, astrophile, auteur d'un "Historique
des éditions des Prophéties de Nostradamus (1555-1615)" (Revue Française d'Histoire du Livre, numéro 129,
Bordeaux, Société des Bibliophiles de Guyenne, 2008),
anime depuis plus de dix ans le site multilingue du CURA, auquel ont
participé une trentaine de docteurs et universitaires des cinq
continents, afin de lever les tabous qui pèsent encore
lourdement sur certains domaines de l'histoire culturelle
européenne (notamment l'astrologie et la nostradamologie). Ses
études bibliographiques et ses recherches sur l'histoire du
texte nostradamien font autorité en France et à l'étranger.
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