CORPUS NOSTRADAMUS 74 -- par Patrice Guinard
 

Les publications de l'année 1558 pour l'an 1559

Aucun exemplaire de l'Almanach ou de la Pronostication pour l'an 1559 n'a été conservé. Cependant, des traductions anglaises relativement fiables en ont été retrouvées, et Chavigny a consigné dans son Recueil les 13 quatrains de l'Almanach et un nombre assez important d'extraits qu'il nomme "présages prosaïques".
 

Almanach pour l'an 1559
 

ville d'édition : Lyon
éditeur : Jean Brotot & Antoine Volant
année : 1558
in-8, 32 ff. ?

> Chavigny, Recueil, pp.116-147
> Chevignard, 1999, pp.326-360

Édition perdue, dont l'existence est attestée par le Recueil de Chavigny, qui en donne les quatrains mensuels et un certain nombre de présages. Une traduction anglaise de ce texte donne la date du faciebat : le 27 avril 1558. Possible allusion au calendrier de cet almanach dans la lettre VI de la correspondance choisie de Nostradamus : "Je travaille à l'impression des éphémérides que vous m'avez envoyées." (lettre non datée (début septembre 1558 ?) de Jean Brotot à Nostradamus, trad. Bernadette Lécureux, 1992, p.68).
 
 

ville d'édition : Paris
éditeur : Guillaume Le Noir
année : 1558
in-8, 40 ff. ?

Concernant l'existence probable de cette édition autorisée : cf. infra.
 

Chavigny n'a conservé qu'un court passage de la préface. On en ignore le destinataire et la date de rédaction.
 
 

extrait de la Lettre-épître
L'eclipse equinoctial qui apparoistra au mois de Septembre presage de si terribles avantures touchant les esmotions ecclesiastiques que, nonobstant ce que j'avois proposé de n'en faire plus, veu les detractions & calomnies que continuellement on me fait, reputant en moy mesme toutefois que la Vertu ne sçauroit mieux florir que lors qu'ell' est blessée, j'ay bien voulu manifester au peuple & donner advis aux plus Grands que rien ne vient d'affliction, calamité & misere en ce monde que les astres auparavant n'en fassent apparence.

Nostradamus se défend de noircir le tableau de ses prédictions : si la misère s'amplifie en ce monde, c'est qu'elle s'inscrit et se conforme aux réalités annoncées par les astres. Il se plaint de ses envieux et calomniateurs, comme dans la Pronostication pour l'année précédente et comme dans celle pour l'année suivante : "Considerant ma propre fertilité m'estre pernicieuse, comme au noyer : Et voyant tant d'arcz de detraction contre moy bandez, & tant de traictz de plume, ou langue envenimee contre moy addressez ..." (Pronostication nouvelle pour l'an 1560, f.A2r). Le succès populaire s'accompagne toujours de revers éprouvants, davantage encore quand il s'installe dans le quiproquo.

Nostradamus ajoute, dans la déclaration de la nouvelle lune d'octobre : "I thoughte it good here to joyne Astrologie with Philosophie against those that saye I wryte Deliramenta, it is them selves that dote, and bee madde, and wander every where & tota celo." (version anglaise de l'almanach (cf. infra) = The Prognostication [i.e. l'almanach !] for the yeare of oure Lorde 1559, "Anvers", f.E4r). Autrement dit : ses textes ne peuvent être compris qu'en englobant les savoirs philosophique et astrologique, ce dont ses adversaires sont incapables, et proclamant qu'il n'écrirait que des extravagances, ce sont eux qui sont gâteux, destinés à sombrer dans la folie, et à errer en tous lieux, dévorés par leur jalousie. A plusieurs reprises dans cet almanach, Nostradamus réplique à ses adversaires, "des veaux stupides" (septembre 1559), "pires que des ânes" (mars 1559), et à leurs diatribes vaines et sans valeur, "de ignavo impetu" (mars 1559).
 
 

Pronostication nouvelle pour l'an 1559

La Grand pronostication nouvelle avecques la Declaration ample de 1559
Avecques les figures des quatre temps sur les climats 47, 48, 49 & 50
 

ville d'édition : Lyon
éditeur : Jean Brotot & Antoine Volant
année : [1558]
in-8, 12 ff. ?

> Chavigny, Recueil, pp.147-160
> CAT Cisternay du Fay, 1725, n.1350
> CAT Selle, 1761, n.840 (vendu 3,05 F)
> Brunet 4, 1863, c.106
> Graesse 4, 1863, p.689
> Leoni, 1961, p.86
> CAT de Bry, 1966, p.34, note 1 (d'après une copie de Rigaux ?)
> Ruzo, 1982, p.340 (attribue les quatrains versifiés de l'almanach à la pronostication)
> Chomarat, 1989, n.25 (référencement fautif : "Grant", "de quatre tems", et recopie l'erreur de Ruzo)
> Benazra, 1990, p.27 (confond l'almanach et la pronostication en suivant l'erreur de Ruzo)
> Chevignard, 1999, pp.360-376

 

Ce texte est perdu, hormis les quelques extraits transmis par Chavigny. Un privilège daté du 7 octobre 1558 est accordé aux imprimeurs lyonnais Jehan Brotot et Anthoine Vollant (registres des Sentences de la Sénéchaussée de Lyon, Archives Dép. du Rhône: BP 444 f.136v, mentionné in Cahiers Michel Nostradamus 3, 1985, p.42). Le titre, qu'on peut rapprocher de celui de la Pronostication pour l'année suivante dont un fac-similé vient d'être retrouvé à la vente Ruzo d'avril 2007, est donné par le catalogue de Selle, trésorier de la marine. Nostradamus réagit à ses détracteurs en publiant désormais, comme l'indique le sous-titre, une figure des thèmes saisonniers, c'est-à-dire des ingrès (marqués par l'entrée du Soleil dans chacun des signes cardinaux). En plaçant le soleil à 0° des signes des Bélier, Cancer, Balance et Capricorne, comme dans la Pronostication pour l'an 1560, il entend répondre à ses calomniateurs, à commencer par Laurent Videl, lesquels n'ont pas compris le fonctionnement de ses données astrométriques (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 52). Peut-être a-t-il choisi de dresser ces thèmes pour chacune des latitudes mentionnées au sous-titre, et valant surtout pour le nord de la France (approximativement : Dijon, Le Mans, Paris et Amiens). Au catalogue Michel de Bry est rapporté un présage concernant Charles IX, le "second grand" après François II, peut-être d'après une reproduction faite par l'abbé Rigaux au début du siècle : "Le mal d'iceluy sera au poulmon". C'est le diagnostic donné par Ambroise Paré au décès du roi en mai 1574.
 
 

ville d'édition : Paris
éditeur : Guillaume Le Noir
année : 1558
in-8, 12 ff. ?

Concernant l'existence probable de cette édition autorisée : cf. infra.

Le dédicataire de la préface est le frère cadet de François de Guise, assassiné en 1563. Charles de Guise (1525-1574), cardinal de Lorraine, archevêque de Reims et évêque de Verdun, sacre François II à Reims le 18 septembre 1559, -- l'occasion, anticipée par Nostradamus, de lui dédier son opuscule annuel. Comme pour l'Almanach, Chavigny n'a pas reproduit la totalité de la préface. Il en subsiste deux passages.
 
 

Lettre-épître au Cardinal de Lorraine
Long temps a MONSEIGNEUR que j'ay eu en voeu dédier à vostre tresillustre personne, sublime en dignité & de sang Royal, quelque chose venant de mon labeur qui vous fut agreable. Ce qu'aujourd'huy s'est offert, tant pour recongnoissance des biens & faveurs que j'ay receus de vostre benignité, nam Tu mihi quodcumque hoc regni, tu sceptra, Jovemque Concilias : tu das epulis accumbere Divum, que pource que vostre tresillustre Dignité aura plus affaire à pacifier ce tumulte ecclesiastique presagé par l'eclipse que nul autre : ainsi que les affaires advenus en porteront tesmoignage de verité. 

Car pour la religion Chrestienne seront tels tumultes, seditions, assemblées, altercations, & guerres intestines qu'oncques furent veuës ni entendues.

Nostradamus s'adresse à Charles de Guise, comme Éole à Junon : "[En vérité], c'est de toi que je tiens mon pouvoir, et mon sceptre, et la faveur de Jupiter. C'est grâce à toi que je peux m'asseoir aux festins des dieux." (Virgile, Enéide, I 78-79). En ajoutant que "vostre tresillustre Dignité aura plus affaire à pacifier ce tumulte ecclesiastique presagé par l'eclipse que nul autre", il annonce son opuscule sur l'éclipse du 16 Septembre 1559, qu'il rédige en supplément à ses deux publications annuelles (cf. infra). C'est que l'événement est d'importance : la mort accidentelle du roi Henry II et l'avènement de son fils aîné au trône de France, déjà annoncés dans l'Almanach pour l'an 1557, dans Les Présages merveilleux pour l'an 1557 et dans les Prophéties (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 51).

Dans la tradition astrologique, une éclipse annonce habituellement la mort d'un roi et un changement de règne, et Nostradamus profite de cette tradition pour dévoiler incidemment ses visions. Le cardinal de Lorraine se retrouve au coeur des événements, puisqu'il sera mandaté pour sacrer le nouveau roi.
 
 

Les faux Brotot publiés à l'automne 1558
 

ville d'édition : "Lyon" [Paris]
éditeur : "Jean Brotot" [veuve N. Buffet]
année : 1558

La perte des opuscules de 1559 est compensée par des actes notariés retrouvés au Minutier Central des notaires parisiens. On y apprend que le libraire et imprimeur parisien Guillaume Merlin, qui avait obtenu les droits d'impression de ces opuscules, (conjointement à Brotot ?), les lui cède en 1558, et que Guillaume Le Noir, l'imprimeur parisien désormais associé à Brotot après la probable défection de Jacques Kerver, "intente un procès à Valérienne Malet, veuve de l'imprimeur Nicolas Buffet qui a fait imprimer ces almanachs sous le nom de Brotot. Il fait saisir les livres et les caractères ayant servi à les imprimer." (Annie Parent, 1974, p.152 ; d'après le Minutier Central des notaires parisiens, Archives Nationales, LXXIII 23, entre le 22 octobre et le 29 novembre 1558).

Ainsi Le Noir, partenaire de Brotot depuis 1557, a dû imprimer sa propre version des opuscules annuels. L'ordre de saisie du matériel d'imprimerie de Valérienne Malet, qui exerce de la mort de son mari Nicolas Buffet en 1551 jusqu'en 1562, n'empêche pas la parisienne de récidiver deux ans plus tard, puisqu'un exemplaire de l'Almanach pour 1561, imprimé cette fois sous son nom et composé par un prétendu disciple de Nostradamus, vient d'être retrouvé dans les collections de Daniel Ruzo (cf. le Catalogue Ruzo, Swann Galleries, avril 2007, n.16).

Le témoignage notarial est d'une extrême importance, car il confirme l'existence de faux almanachs et pronostications imprimés dans la capitale au nom de Brotot. Incidemment, l'acte notarié confirme aussi l'existence probable des éditions parisiennes des Prophéties datées de 1557 et 1558. En effet Valérienne Malet, mariée en premières noces à un libraire de la famille de Harsy, est la mère d'Olivier de Harsy, imprimeur-libraire de 1555 à sa mort en 1584, et éditeur parisien des Prophéties en 1557 (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 25). La vignette utilisée par la veuve Buffet en 1560 et peut-être déjà en 1558 (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 55), pourrait être celle utilisée par son fils pour son ou ses impressions des Prophéties, auquel cas l'interrogation se porte sur la nature de ces éditions et sur leur date effective de parution.
 
 

Les trois ou quatre versions anglaises de l'Almanach

Ces traductions, et notamment les deux premières, s'inspirent probablement des faux Brotot, car la plupart des opuscules anglais retrouvés s'appuient sur des éditions parisiennes piratées. Compte tenu de la date de la saisie d'une partie du matériel d'imprimerie de la veuve Buffet, une copie du ou des faux parisiens à dû être envoyée à Londres assez rapidement -- ce qui confirmerait les relations organisées qu'entretiennent déjà en 1558 puis dans les années 60, les faussaires parisiens avec les imprimeurs londoniens, complices ou simplement ignorants de la supercherie.
 

An Almanacke for the yeare of oure Lorde God 1559
Composed by Mayster Mychael Nostradamus, Doctour of Phisike

 

ville d'édition : London
éditeur : Henry Sutton pour Lucas Haryson
année : 1559
in-8, 8 ff. (imprimé en rouge et noir)

> Bibliophile belge 5, 1848, p.104 (d'après Robert Watt)
> Halliwell, 1849, p.35 (d'après Thomas Dibdin, n.2733)
> Arber 1, 1875, p.96
> Furnivall, 1907, p.cxxxv
> Bosanquet, 1917, n.48 (exemplaire Britwell Court)
> Pollard / Redgrave, 1926, n.492
> Capp, 1979, p.372
> Ruzo, 1982, pp.341-342
> Pollard / Redgrave 1, 1986, n.492
> Chomarat, 1989, n.34
> Benazra, 1990, p.29
> Brind'Amour, 1993, p.479
> Chevignard, 1999, pp.461-463

° Henry Huntington Library, San Marino (Californie): RB 59428 (92 x 132 mm)
° Newberry Library, Chicago: AY751 Z7 1559 (photocopie d'après un autre exemplaire)
° Britwell Court library, Buckinghamshire (bibliothèque dispersée) (70 x 115 mm)
 

Description
- f.A1r : titre (+ fleuron) et quatrain pour l'année
- f.A1v : fêtes mobiles et sigles des phases lunaires
- ff.A2r-A7v : calendrier avec quatrains mensuels
- f.A8r : mention de l'imprimeur Henry Sutton (imprimé le 20 février 1559)
- f.A8v : homme zodiacal

Henry Sutton, libraire et imprimeur londonien (c.1550-1563) est décédé entre 1578 et 1581 (cf. Arber 1, 1875, p.478). La mention initiale précédant les fêtes mobiles ("The yere after the creation of the worlde, accordyng to the true supputation of Chronicle writers 5526 and of the Nativitie of our Lorde Iesus Christ 1559" : "L'an apres la creation du monde selon la vraye supputation des Chronographes 5526 & de la nativité de nostre Seigneur Iesu-christ 1559") est conforme à celle figurant dans l'almanach Kerver pour l'année 1557. Le calendrier des saints est anglais et les données lunaires sont exactes (par exemple la nouvelle lune du 7 avril à 9 heures 21 après midi, c.a.d. à 21h21).

La traduction des treize quatrains, précise et précieuse contrairement à ce qu'affirme Leoni (1961, p.86), est proche de la version laissée par Chavigny dans son Recueil. L'ouvrage vaut aussi pour les formules laconiques du calendrier, dont il ne subsiste pas de version française.
 

Quatrain de l'an [Foure lynes upon all the yeare]

Feare, yce, greate pillynge, to passe the sea, to encrease the raygne.
Sectes, holy thinges beyond the sea more polished
Pestylence, heat, fyer, the enseygne of the Kyng of Aquilon.
To erect a signe of victory, the cyty Henripolis.

Janvier 1559 [Ianuary]

The great to be no more, ayne in the christall
Tumulte moved, of all goodes abundaunce.
Cut up, halowed, olde shippes, fearefull
Chosen unthankfull, death bewayled, joy, alliance.

Février 1559 [February]

Grayne corrupted, pestilentiall ayre, locustes.
Sodayn fall, newes, newes shall rise,
Captives yroned, swift, high, lowe, heavy,
By his bones, evil which wold not be to the King.

Mars 1559 [Marche]

Attached in the temple, long purchasing by sectes
Chosen, ravyshed, in the woodes forme quarell
Seventy partes shall sprynge up newe allyance
The newes appeased of theyr dead Kyng.

Avril 1559 [Aprill]

The Kynge saluted with Victor imperator.
The trouth broken, the kyngly deede knowen,
Learned bloud, the Kyng made governour.
The proude people, through teares to becom humble.

Mai 1559 [Maie]

By the despite, marianges, weddynge songes
By the thre, by redde partly razed.
To the yong black, the soule pnt [put] agayne by the flame
Ogminus converted to the great Neptunus.

Juin 1559 [Iune]

From the house seven by the pursuit of mortall deth,
Hayle, tempest, pestilentiall sicknesse, furies.
The Kyng of the East, al the west men beyng in flight,
Shal subdue his conquerors that have ben heretofore.

Juillet 1559 [Iuly]

Robberyes, pyllynges, heat, great drought
Not to be to much : a thinge not seen not heard.
To the straunger too great flattery
nyne, contryes, the Kyng of the east to be daseled.

Août 1559 [August]

The earthen potte founde, the citie tributory,
Fieldes divided, newe begylynges,
The Spanyard hurt, hunger, warly pestilence
Obstinate mockery, confusednes, evyll, ravyng.

Septembre 1559 [September]

Virgins and widowes your good tyme doth approch
He shall not doo that which was pretended
It shall lacke farre, that there shall be a newe brach
the wel at ese taken, wel put in again, the worst shal hold.

Octobre 1559 [October]

Here in this moneth shall fully be ended
The thre greats without, the good burrow shalbe far of
Against those one of them shall conspire.
At the ende of the moneth shall the worke be sene.

Novembre 1559 [November]

Matters propouned, mariages begon agayne
The great great shall go out of Fraunce
A voyce to Romana, to crye not weried.
Reccyue the peace by to deceytfull assuraunce.

Décembre 1559 [December]

The joye in teares shall subdue Mars,
Before the great shall diuines be moved.
VVithout seking any word shal enter on thre partes.
Mars beyng appeased upon the yce all wynes.
 

A Prognostication for the yeare of oure Lorde God 1559
 

ville d'édition : London
éditeur : Henry Sutton pour Lucas Haryson
année : 1559
in-8, 8 ff. (?)

Cette traduction anglaise de la "pronostication", c.a.d. des présages en prose de l'almanach, n'est pas signalée par les bibliographes nostradamisants. Probablement imprimée à la suite de l'almanach, conformément à l'usage britannique pour ce genre de publications, elle est attestée dans les registres des imprimeurs londoniens : "Lucke Haryson ys lycensed to prynte the pronostication of master NOSTRODAMUS [sic] and also his almanack for the same yere" (Arber 1, 1875, p.96).
 

An Almanacke (...) for the yere, from the birthe of our saviour Iesu Christ, 1559
made by the notable and worthie clerke Michael Nostradamus, Doctor in Phisicke

 

ville d'édition : London
éditeur : s.n. [William Copland for Nicholas Englande & John Kingston]
année : [1559] (au titre : février [1558], ancien style)
in-8, 16 ff. ?

> Bibliophile belge 5, 1848, p.104 (d'après Robert Watt)
> Arber 1, 1875, p.101
> Furnivall, 1907, p.cxxxv
> Bosanquet, 1917, n.F31 (d'après John Bagford)
> Capp, 1979, p.372
> Pollard / Redgrave 1, 1986, n.492.2
> Chomarat, 1990, n.35

° Lambeth Palace Library, London (fragmentaire : 8 premiers feuillets)
 

Description
- f.A1r : titre (+ fleuron)
- f.A1v : sigles zodiacaux et avertissement sur le contenu
- f.A2r : fêtes mobiles
- ff.A2v-B6r : calendrier
- ff.B6v-B8v ? : tableau des termes astrologiques, etc
 

La copie fragmentaire de cet almanach ne contient ni quatrain ni présage en prose, mais seulement le début du calendrier (jusqu'en juillet). La fin de l'almanach devait contenir, comme annoncé dans l'avertissement, un relevé des termes planétaires, -- une théorie attribuant une influence de chacune des cinq planètes sur une portion d'environ 6° de chaque signe zodiacal. Le calendrier des saints est anglais et les données lunaires sont parfois fantaisistes : par exemple la nouvelle lune du 7 avril "at noone" (à midi), jour de la sainte "Eufamie" [sic] pour Euphemie ! Les formules journalières du calendrier correspondent à peu près à celles de l'almanach précédent, mais dans une autre traduction.

L'almanach a été imprimé sans autorisation pour deux libraires, dont l'un, John Kingston (c.1551-1584), a été l'associé entre 1553 et 1557 de l'imprimeur Henry Sutton, auteur de la première version : "William Copland for pryntinge of a pronostication of NOSTERDAMUS [sic] withoute lycense and for mysbehavynge hym selfe before the master and Wardyns was fyned at 3s 4d." (Arber 1, 1875, p.101). Bien que le terme "pronostication" soit stipulé dans le relevé, il s'agit probablement de cet almanach, et non du texte qui suit.
 

The Prognostication [sic] for the yeare of oure Lorde 1559
of maister Michael Nostredamus [sic], Doctour in Phisick, In Province [sic]

 

ville d'édition : "Anvers" [London]
éditeur : s.n.
année : [1559]
in-8, 48 ff.

> Lowndes, 1864, p.1708
> Houzeau / Lancaster 2, 1889, n.14741-2
> Bosanquet, 1917, n.49
> Pollard / Redgrave, 1926, n.18695
> Leoni, 1961, p.86
> Capp, 1979, p.372
> Pollard / Redgrave 1, 1986, n.492.3
> Benazra, 1989, p.30
> Chomarat, 1990, n.26
> Brind'Amour, 1993, p.479

° British Library, London: C.71.a.15
° Britwell Court library, Buckinghamshire (62 x 108 mm)
° réédition en fac-similé : The Prognostication for the yeare 1559, Amsterdam (Theatrum Orbis Terrarum) & New York (Da Capo Press), 1969

Traduction soignée, prétendument imprimée à Anvers, mais selon Bosanquet vraisemblablement publiée à Londres sans autorisation (pp.35 et 100), de l'Almanach pour l'an 1559 et non de la pronostication, contrairement à ce qu'imagine Leoni d'après le titre. Ce texte précieux ne contient ni le calendrier, ni les quatrains, ni la préface, ni les hypothétiques présages pour l'année, mais donne la date du faciebat de la version originale (le 27 avril 1558) et une traduction soignée et qu'on peut espérer complète des présages mensuels en prose.
 

Description
- f.A1r : titre (+ fleuron)
- f.A1v : blanc
- ff.A2r-F8r : présages mensuels (93 pages)
- f.F8v : blanc
 

Les Significations de l'Eclipse du 16 Septembre 1559

Nostradamus fait imprimer en 1558 un troisième opuscule, prétexte à une réponse à ses détracteurs, rédigé après les deux précédents (cf. f.A2r).

Les Significations de l'Eclipse, qui sera le 16 Septembre 1559, laquelle fera sa maligne extension inclusivement, jusques à l'an 1560,
diligemment observées par maistre Michel Nostradamus, docteur en medecine de Salon de Craux en Provence.
Avec une sommaire responce à ses detracteurs.

 

ville d'édition : Lyon
éditeur : Jean Brotot (& Antoine Volant ?)
année : [1558]
in-8, 8 ff. ?

L'édition lyonnaise des Significations est perdue, mais semble attestée par la correspondance de Nostradamus : "Si toutefois j'ai fait quelques erreurs dans la graphie des noms du petit écrit dont vous vous souvenez, vous serez bien aimable de me les signaler." (lettre non datée (début septembre 1558 ?) de Jean Brotot à Nostradamus, trad. Bernadette Lécureux, 1992, p.68).
 

ville d'édition : Paris
éditeur : Guillaume Le Noir
année : [1558]
in-8, 8 ff., 10 × 16,6 cm, vignette 82 × 76 mm

> Chavigny, Recueil, pp.161-166
> CAT Durand de Lançon, 1860, n.276
> CAT Ortigue, 1862, n.653 (vendu 10,50 F)
> Brunet 4, 1863, c.106 (vendu 50 F en 1860)
> Graesse 4, 1863, p.689
> Torné-Chavigny, Almanach pour 1880, p.158
> Brunet 8, 1880, c.36
> Denis, 1880, p.6
> Houzeau / Lancaster 1, 1887, n.5577
> Delpy 2, 1911, n.1818
> CAT Fière, 1933, n.91 (frontispice p.70)
> Chomarat, 1989, n.37
> Benazra, 1990, pp.30 & 448
> Brind'Amour, 1993, pp.479-480
> Chevignard, 1999, pp.376-383 & 443-444
> CAT Ruzo-Swann, Avril 2007, n.13 (vendu 3360 $)

 

° ventes Durand de Lançon, puis Ortigue, puis Fière (exemplaire Ruzo) ⇒ Maison Nostradamus, Salon (ex-libris Pierre Lambert)
° fac-similé de Torné-Chavigny (1879 ; CAT n.109 librairie L'Intersigne, Paris, n.160)
° fac-similé d'Hector Rigaux, Méricourt-l'Abbé (Somme), impr. Henri Douchet, 1904
  (BnF: 8° V Pièce 25478 & R109444 ; B Arbaud, Aix: D 2967 ; BL London: 8565.c.35)
° fac-similé Chevignard du fac-similé Rigaux, 1999, pp.445-460
 


 

L'opuscule est daté du 14 août 1558 et adressé à Jacobo Marrasala (Jacopo Maria Sala), évêque de Viviers, vicaire du cardinal Alexandre Farnèse, et vice-légat d'Avignon, lequel avait envoyé au cardinal, l'année précédente, des écrits de Nostradamus (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 58).

Les passages astrologiques de l'opuscule s'inspirent du traité des Éclipses de Cyprianus Leovitius [Cyprien Leowitz], paru deux ans auparavant : Eclipsium omnium ab anno Domini 1554 usque in annum Domini 1606, accurata descriptio & pictura, ad meridianum Augustanum ita supputata, ut quibusuis aliis facilimè accommodari possit ...(Augustae Vindelicorum [Augsburg], Philippus Ulhardus, 1556), comme l'a reconnu Henri Torné-Chavigny dans une lettre à Raoul de Tricqueville envoyée de Paris et datée du 7 juin 1879 : "la reproduction, mot pour mot, de tout ce que l'astrologue Leovice venait de publier sur cette éclipse." (cf. Chevignard, 1999, p.446). Torné ajoute que ces emprunts de Nostradamus lui servent de bouclier pour cacher ses visions et révélations, avec bon sens me semble-t-il, à partir du moment où l'hypothèse d'un certain don visionnaire du provençal est prise au sérieux, et pas seulement écartée d'un revers de main par l'activisme sceptique et pseudo-rationnel des idéologues et par les opinions suffisantes des Gros-Jean qui pullulent sur internet et le polluent dans ses recoins à mouches.

Mais ce petit traité additionnel sert surtout de prétexte à Nostradamus pour répondre à ses calomniateurs et "medisans", à commencer par "Hercules le François", mentionné dans le texte en B1v (cf. CN 57). Ses publications annuelles ultérieures seront marquées par une plainte réitérée contre ses calomniateurs, par exemple dans l'épître à la Pronostication nouvelle pour l'an 1560 (cf. CN 95) ou dans L'almanach pour l'an 1561 : "Pource qu'il y a quelques uns qui ne me cessent point de desgorger & inimiter leur colere à l'encontre de moy. I'oseray de mettre quelques grandissimes choses(?) que je pourrois mettre, & qui adviendront quelque contradiction qu'ilz disent de ne point(?) particulariser : mais la verité qui s'en ensuyt les confond : & les rend confus. (...) Ie laisse de mettre la centiesme partie de ce qui adviendra, pour ne pas donner accés aux calomniateurs." (cf. CN 153).
 
 
 

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 28-09-2007 ; last updated : 24-07-2016
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