CORPUS NOSTRADAMUS 58 -- par Patrice Guinard
 

Les publications de l'année 1557 pour l'an 1558

"Ceux qui végètent dans les antichambres dorées médisent de moi, et ceux qui débitent des sornettes sur mon compte ne font que boire le venin sur leurs lèvres." (Nostradamus, Pronostication nouvelle pour l'an 1558)
 

Contrairement aux opuscules pour l'année précédente, ceux pour l'année 1558 sont presque tous perdus, et treize des quinze impressions référencées dans cette étude sont introuvables. Deux documents exceptionnels font supposer l'existence de plus d'une dizaine d'impressions des publications annuelles de Nostradamus, pour la plupart ignorées par les biographes de Nostradamus, et dont il ne subsiste que l'exemplaire d'une impression parisienne récemment découvert à la bibliothèque de La Haye, et la version partielle d'un almanach laissée par Chavigny dans son Recueil. Plus que pour toute autre partie du Corpus, l'exégèse devra se contenter d'un matériau très fragmentaire.
 

L'apogée de la renommée de Nostradamus dans les années 1557-1558

Outre les habituelles publications annuelles (almanachs et pronostications pour les années 1558 et 1559) et les deux derniers volets des Prophéties, Nostradamus publie encore en 1557 sa traduction de Galien (réimprimée en 1558) et son traité sur l'éclipse (édition unique en 1558). Cette apogée de sa production et de sa renommée est trollée par la parution d'opuscules divers : "Hercules" en 1557, Videl et "La Daguenière" en 1558. Au cours de ces années paraissent encore, annexée à la réédition d'une chronique politique une épigramme que j'ai récemment découverte, "La fol s'y fie de Monstradabus" (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 23), ainsi que les premières éditions piratées et attestées de ses publications annuelles.
 

L'acte Guéroult du tabellionnage de Rouen

Dans un article de Claude Dalbanne (1939) consacré au libraire, imprimeur et fondeur de caractères Robert Granjon, et signalé par Gérard Morisse en 2004, est reproduit un acte du 27 février 1559 (ou 1558 ancien style) dans lequel un libraire de Rouen et son associé (Pierre Gontier ou Gaultier, et Jean Froger) déclarent avoir reçu de Jehan Hiesse, propriétaire de la boutique rouennaise, "environ le moys de décembre 1557", un certain nombre d'ouvrages parmi lesquels figurent des Almanachs, Pronostications, Présages, et Prophéties de Nostradamus. L'acte, conservé aux Archives Départementales de Rouen, s'inscrit dans une série d'accusations et de poursuites judiciaires opposant l'imprimeur Robert Granjon et les marchands libraires lyonnais Guillaume Guéroult et Jehan Hiesse, qui avaient tous trois passé un contrat d'association en 1557. Et dès le 14 juin 1558, "Granjon fait ajourner Guéroult devant la Cour de la Sénéchaussée de Lyon pour le contraindre à remplir ses obligations." (Dalbanne, 1939, p.227). Les ouvrages mentionnés dans l'acte, parmi lesquels figurent des titres imprimés par Granjon en caractères dits de civilité, auraient été achetés par Hiesse à Guéroult.

En fait l'acte découvert par C. Dalbanne et mis en avant par G. Morisse, est reproduit par Édouard Gosselin dans ses Glanes historiques normandes dès 1870 (p.538-539 ; p.109-110). L'acte notarié, dressé plus d'un an après la transaction, a toutes les allures d'un faire-valoir pour Guéroult dans le conflit l'opposant à Granjon : aussi la date de la livraison ("environ le moys de décembre 1557") n'est certainement pas à prendre pour argent comptant et pourrait être un peu plus tardive. Le relevé des ouvrages n'indique pas plusieurs livraisons comme le croit l'auteur de l'article, mais plutôt l'existence de lots auxquels des exemplaires à l'unité ont été rajoutés. L'essentiel reste que certaines publications de Nostradamus, y sont attestées, dont des Presages pour l'an 1558, inconnus par ailleurs.

300 almanachs pour 1558 à 44 s/100 = 6 £ 12 s
200 présages pour 1558 à 44 s/100 = 4 £ 8 s
500 pronostications pour 1558 à 16 s/100 = 4 £
25 prophéties à 4 s 7 d
200 almanachs en feuille à 25 s/100 = 50 s

A ce décompte par lots s'ajoutent 6 almanachs, 1 prophétie, 6 pronostications, 2 almanachs en feuille, et 2 présages, soit au total 308 almanachs, 202 présages, 506 pronostications, 26 prophéties et 202 almanachs en feuille. Sachant que la livre valait 20 sous, et le sou 12 deniers, les prix de vente en gros pour un exemplaire de chaque ouvrage sont les suivants:

almanach = 5,28 d (pour 32 ff., soit 6 ff. par denier)
almanach en feuille = 3 d (non broché, il coûtait moins que celui prêt à la vente)
présages = 5,28 d
pronostication = 1,92 d (pour 12 ff., soit 6,25 ff. par denier)
prophéties = 4 s 7 d (= 55 d)
 
acte Guéroult, 27 février 1559, Rouen
 

L'acte n'indique pas précisément si le prix pour les Prophéties est global ou à l'unité. Cependant le prix de l'édition des Prophéties qui serait la seconde d'Antoine du Rosne imprimée le 3 novembre 1557, est à rapprocher d'autres ouvrages mentionnés dans l'acte, au nombre de pages comparable et valant 5 ou 6 sous l'unité, à savoir le Dialogue de la vie et de la mort d'Innocenzio Ringhieri traduit par Jean Louveau (Lyon, Robert Granjon, 1557, in-8, 80 ff.) et le Premier livre des narrations fabuleuses de Palaephatus traduit par Guillaume Guéroult (Lyon, Robert Granjon, 1558, in-8, c.60 ff.). Dans l'hypothèse contraire, l'ouvrage de quelques 160 pages se serait vendu au même prix qu'une pronostication qui n'en contient que 24.

L'acte atteste également de la diffusion considérable des ouvrages de Nostradamus, et en particulier de ses publications annuelles. En effet, si l'on peut estimer la production des Prophéties à environ deux à trois mille exemplaires par tirage, il faut multiplier ce nombre par cinquante pour atteindre celui de ses almanachs et pronostications, lesquels pourraient avoir eu un tirage d'environ 50.000 pièces, faramineux pour l'époque, même si cette estimation devait être réduite de moitié. La diffusion considérable de ces opuscules contrarie leur survie en bibliothèque ou en collection privée : en effet aucun exemplaire d'un almanach, de présages ou d'une pronostication, imprimés à Lyon pour l'année 1558, ne nous est parvenu !

L'autre intérêt de l'acte, et celui qui intéresse cet article, est l'attestation d'une édition des Présages pour l'an 1558. Ce texte perdu devait contenir un nombre de pages comparable à celui des almanachs, soit environ 64 pages, et ne peut être confondu avec l'opuscule pour 1557, qui en contient presque le double (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 42).
 

Les almanachs flamands d'Anvers et de Gand

Des contrefaçons (et peut-être aussi des copies autorisées) des almanachs et présages de Nostradamus, en flamand et en français, ont également été imprimées à Gand et à Anvers vers la fin de l'année 1557.

Christophe Plantin, qui avait publié en 1557 une édition du Traité des Fardements et des Confitures (édition sans nom, ni date, ni autorisation? : cf. CORPUS NOSTRADAMUS 9), déclare avoir vendu le 27 septembre de la même année, au prix de ½ stuiver l'exemplaire, douze almanachs de Nostradamus à un libraire de Tournai, probablement des exemplaires lyonnais ou parisiens de l'Almanach pour 1558 qui venait de sortir (Archives Plantin 38, f.26, Musée Plantin-Moretus, Anvers ; Voet 4, 1982, p. 1630. Cf. aussi Rooses, Le Musée Plantin-Moretus, 1914, p.23).

Plantin aurait imprimé après cette date ses propres versions en français et en flamand de l'almanach et probablement aussi des présages, comme l'attestent deux exemplaires signalés dans les catalogues de la bibliothèque de Munich et aujourd'hui perdus. Plantin note dans ses archives, en janvier 1558 : "A diverses foys en tout ce moys vendu (...) 3000 Almanachs tant en francoys qu'en flameng" (Archives Plantin 35, f.9, Musée Plantin-Moretus, Anvers ; Voet 1, 1980, p.45), comprenant probablement un nombre assez élevé de publications de Nostradamus. En outre il notifie à plusieurs reprises fin janvier 1558 avoir délivré aux imprimeurs gantois Hendrik van Keere et Cornelis Manilius des almanachs de Nostradamus afin que ceux-ci cessent d'imprimer les leurs, probablement des contrefaçons : "Item délivré à Henry Van Keere pour faire cesser l'impression des Almanachs de Nostrad[amus] : 100 Almanachs franch[ois] et 100 en flameng. Item à Corneille Manile 50 en flament et 50 en franc[ois] pour le mesme effect." (ibid.). Nous pouvons conclure d'après les seules notes de Plantin qu'il a au moins existé une version Plantin en français de l'almanach pour 1558, une version Plantin en flamand du même ouvrage, et plusieurs versions gantoises du même opuscule !
 

Pronostication nouvelle pour l'an 1558
 
 
ville d'édition : Lyon
éditeur : Jean Brotot & Antoine Volant
année : 1557
in-8, 12 ff.


° exemplaire Rigaux en main privée (cf. CAT Librairie Thomas-Scheler)

> Claudin, Archives, 276, avril 1892, n.253-A (vendu 350 F avec 4 autres opuscules)
> CAT Rigaux, 1931, n.48-A, p.23 (racheté par Rigaux et revendu 3400 F à Émile Nourry avec les 4 mêmes opuscules)
> Cioranescu 1, 1959, p.528
> Ruzo, 1982, p.340
> Chomarat, 1989, n.16 (confus)
> Benazra, 1990, p.19
> CAT Librairie Thomas-Scheler, Sept. 2010, n.2a (exemplaire Rigaux/Nourry/Thiébaud)
(dimensions : de 13 × 18,8 cm à 13,7 × 19,7 cm selon les feuillets)


Épître au Seigneur Guillaume de Gadagne, sénéchal de Lyon, datée du 1er Mai 1557.
Privilège daté du 5 juillet 1557, accordé aux libraires lyonnais Jean Brotot et Antoine Volant
(pour les almanachs, présages et pronostications de Nostradamus).

[Édition aussi attestée par l'acte Guéroult et par le privilège daté du 5 juillet 1557, accordé aux imprimeurs lyonnais Jean Brotot et Antoine Volant: "Ordonnance pour l'impression des Almanachs, Revolutions et Predictions de Me Michel Nostradamus" (Arch. Dép. du Rhône: BP 443 f.97r). Le terme "Revolutions" désigne la Pronostication. L'abbé Rigaux en possédait un exemplaire (dédicacé à Guillaume de Guadagne, et portant au frontispice la vignette à la frise zodiacale, version Brotot : cf. CORPUS NOSTRADAMUS 55)].

Benazra joint à sa note les quatrains de l'almanach, recopiant une bourde de Ruzo, et Chomarat ajoute à la sienne une mention de la lettre de Brotot de 1554 (datée par erreur du 20 septembre 1557) sans se préoccuper des destinataires des épîtres ! Brotot aurait-il pu recevoir le 19 septembre 1557 les manuscrits de Nostradamus que Chomarat suppose se rapporter à la Pronostication pour 1558, alors que la permission d'imprimer est délivrée deux mois et demi auparavant ? ! (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 13)
 
Nostradamus, Pronostication nouvelle pour l'an 1558, Brotot/Volant, by courtesy of the Librairie Thomas-Scheler

Composition de l'ouvrage :
- f.A1r : titre (1 page)
- f.A1v : lettre-dédicace (1 page)
- ff.A2r-A4v : De la disposition generale ... (ca. 6 pages)
- ff.A4v-B2r : présages "saisonniers" : Printemps (3 pages)
- ff.B2r-B4r : présages "saisonniers" : Eté (3.5 pages)
- ff.B4r-C1r : présages "saisonniers" : Automne (2.5 pages)
- ff.C1r-C2v : présages "saisonniers" : Hiver (2.5 pages)
- ff.C2v-C4r : phases lunaires mensuelles + "almanach" (= fêtes mobiles) (ca. 3.5 pages)
- f.C4v : extrait du privilège (1 page)
 
 
 
ville d'édition : Paris
éditeur : Guillaume Le Noir
année : [1557]
in-8, 12 ff.


° La Haye, Koninklijke Bibliotheek: 366 L 1 (1)
° Chevignard, 1999, pp.419-442 (fac-similé)

> Chavigny, Recueil, pp.106-115
> CAT Filheul, 1779, n.738-A
> CAT Bolongaro-Crevenna, 1789, n.2083-A
> Graesse 4, 1863, p.689
> Brind'Amour, 1993, pp.478-479
> Chevignard, 1999, p.313-325 & 418

Épître au Seigneur Guillaume de Gadagne, sénéchal de Lyon, datée du 1er Mai 1557.
Privilège daté du 20 septembre 1557, et accordé au libraire parisien Guillaume Le Noir.
Composition de l'ouvrage identique à la précédente, mais nombreuses variantes dans le texte (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 73).

Le seul exemplaire retrouvé parmi les publications pour l'an 1558 (avant la redécouverte récente de la version lyonnaise du même texte) n'est pas signalé dans les catalogues de Chomarat et de Benazra. La version parisienne de la Pronostication a été décrite par Brind'Amour sans signalement d'origine, à partir d'une copie de J. Halbronn: "qui autem nihil de origine eius profitetur" (p.478). L'imprimeur parisien aurait différemment orthographié le destinataire de la dédicace, Guillaume de "Gadagne", qui n'est autre que l'hôte lyonnais de Nostradamus lors de son voyage à Paris en 1555 (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 43), et il en est remercié par son invité : "en recordation du bon acueil que vostre excellence me feit dans vostre maison à Lyon, allant à la court".
 
Nostradamus, Pronostication nouvelle pour l'an 1558, Le Noir


Sur Guillaume de Gadagne ou Guadagni, fils de Thomas, un marchand et banquier florentin installé à Lyon et dont les biens furent saisis par les consuls protestants lors des troubles de 1562, voir Richard Gascon (Grand commerce et vie urbaine au XVIe siècle : Lyon et ses marchands, Paris, École Pratique des Hautes Études, 1971, 2 vols. ; signalé par Brind'Amour) et Claude Longeon (Une Province française à la Renaissance: La vie intellectuelle en Forez au XVIe siècle (TH Paris IV 1974), Université de Lille III, 1976, p.74 et n.196).

Notons la date tardive du privilège qui aurait été accordé à l'imprimeur parisien deux mois et demi après celui des imprimeurs lyonnais. Il n'y a cependant aucune raison de croire que la version parisienne ne reproduirait pas plus ou moins fidèlement la lyonnaise, et il n'est pas du tout certain que Chavigny donne le texte plus ou moins arrangé de cette édition plutôt que celui de l'édition lyonnaise..

Chomarat suit une notice de Graesse, mal recopiée sur le catalogue parisien de la bibliothèque de Chardin de Toilles, époux Filheul, et imagine une édition sans lieu d'édition, de 1557 et au format in-12 (Bibliographie, 1989, n.17), alors que le catalogue Filheul, au numéro 738A et non 728, indique seulement que ne figure pas de date au frontispice de la Pronostication. Il s'agit donc probablement de l'édition Guillaume Le Noir.
 
 
Lettre-épître à Guillaume de Guadagne
A TRESVERTVEVX, ET ILLV-
STRE SEIGNEVR, LE SEIGNEVR GVILLAV-
me de Gadagne, Seigneur de sainct victor, Baron de Lunel,
Baillif de Mascon, Seneschal de Lyon, & Gentil-
homme de la chambre du Roy,

M. Nostradamus desire salut & felicité.

Mon seigneur en recordation du bon acueil
que vostre excellence me feit dans vostre
maison à Lyon, allant à la court, en tant grand
& sumptueux convive, accompagné d'un nom-
bre de graves personnages, tous d'honneur,
de doctrine, de noblesse, & erudition, de mon revenu
annuel par une recordation vous ay voulu consacrer
ce petit exigu labeur. Il Vous plaira de le prendre en gré
& si je puis entendre que vostre seigneurie n'y prenne
desplaisir, prendray peine vous consacrer oeuvre qui ne
sera d'un an : mais sera digne de perpetuelle memoire
en recordation de vostre bienfait. Il vous plaira donc
seigneur prendre en gré cecy, qui n'est rien quant au
respect de V.S. mais qui vous fera cognoistre l'obeissant
service, que perpetuellement vous portera vostre hum-
ble & de tous voz serviteurs, toute sa vie. De Salon ce
premier jour de May 1557.

 

Le 16 novembre 1557, Jacobo Maria Sala, évêque de Viviers et vice-légat du pape à Avignon, auquel Nostradamus dédiera le 14 août suivant ses Significations de l'Eclipse, envoie au cardinal Alessandro Farnese, un texte que Brind'Amour (1993, p.33) et Chevignard qui le recopie (1999, p.444) supposent être la Pronostication pour 1558, suite à l'interpolation d'une indication donnée par Marc Venard dans sa thèse de doctorat : "Une édition des prophéties de Nostradamus réalisée en Avignon en 1556, témoigne de la faveur dont jouit alors l'astrologue de Salon. Il est vrai que le vice-légat, en envoyant à Farnèse ces "pronostications", marque qu'il ne leur fait pas grand crédit." (in L'Eglise d'Avignon au XVIe siècle, TH D 1977 (5 vols.), Lille, 1980, vol. 2, pp.589-590).

Or il n'est pas évident de savoir si les guillemets du texte mentionné, supprimés par Brind'Amour, sont un rajout de Venard ou proviennent du document original (Parma, Archivio di Stato, Carteggio Farnese : Francia 10/15 (1556-1557), lettre du 16 novembre 1557). En effet, on ne sait s'il est vraiment question de la Pronostication pour 1558 (peu probable), de plusieurs opuscules du genre désignés sous un terme générique employé au pluriel (par exemple l'Almanach et la Pronostication pour 1558), de l'édition des Prophéties mentionnée par Venard (improbable car il s'agirait d'une édition antidatée dont Venard aura trouvé le titre en consultant Pansier), ou encore d'une autre édition des Prophéties, en l'occurence de l'une ou l'autre des deux éditions Antoine du Rosne, qui venaient précisément de paraître (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 25).

Seule la consultation du document original de Parme permettra de lever le doute, car le renseignement donné par Venard est inutilisable en l'état, comme c'est souvent le cas avec des auteurs qui s'intéressent vaguement au salonais, en amateurs ignorant les problèmes qui se posent dans l'interprétation des documents et des témoignages relatifs à ses écrits.
 
ville d'édition : Rouen
imprimeur : Georges Loiselet
(pour Raoullin Boullene et/ou Thomas Mallard)
année : [1557]
in-8, 12 ff. ?


Il existe un permis d'imprimer daté du 30 octobre 1557 (arrêt du parlement de Rouen) pour la Pronostication, l'Almanach et les Présages de Nostradamus pour l'an 1558, accordé à l'imprimeur Georges Loiselet et aux libraires Raoullin Boullene et Thomas Mallard (Gosselin, 1870, p.600-601 ; p.132).
 

Les Presages de l'an 1558

Aucun exemplaire des différentes éditions de ce texte n'a été conservé.
 
ville d'édition : Lyon
éditeur : Jean Brotot & Antoine Volant
année : 1557
in-8, 32 ff. ?


Édition perdue, attestée par l'acte Guéroult et par le privilège daté du 5 juillet 1557 et accordé aux imprimeurs lyonnais Jean Brotot et Antoine Volant : "Ordonnance pour l'impression des Almanachs, Revolutions et Predictions de Me Michel Nostradamus" (cf. infra). Le terme "Predictions" désignerait les Présages.

D'après le prix de vente indiqué par l'acte du tabellion, l'ouvrage aurait contenu un nombre de pages comparable à celui des almanachs à cette époque, soit environ une soixantaine. On ignore le titre exact de l'opuscule, et si le terme "merveilleux" a été conservé dans le titre, comme pour la publication de l'année précédente. On ignore encore le ou la destinataire de la dédicace. Il serait logique qu'il s'agisse de Catherine de Médicis, protectrice du médecin astrophile : Nostradamus aurait ainsi dédié ses présages pour 1557 au roi, et ceux pour l'année suivante à son épouse.

Aucun bibliographe ne mentionne cette édition.
 
 
ville d'édition : Paris
éditeur : Guillaume Le Noir
année : 1557 ?
in-8, 32 ff. ?


Édition perdue, théoriquement attestée par le privilège octroyé au libraire parisien pour l'impression et la mise en vente des "Almanachs, Presages, Pronostications & predictz, composez par M. Michel nostradamus" (au feuillet C4v de la Pronostication). Aucun bibliographe ne mentionne cette édition.
 
ville d'édition : Rouen
imprimeur : Georges Loiselet
(pour Raoullin Boullene et/ou Thomas Mallard)
année : [1557]
in-8, 12 ff. ?

Sur le permis d'imprimer rouennais daté du 30 octobre 1557, succédant au lyonnais (5 juillet) et au parisien (20 septembre) : cf. infra.
 
ville d'édition : Anvers
éditeur : Christophe Plantin
année : 1558 ?
in-8, 32 ff. ?


SB München: Astr.p.99 (manquant)

> Chomarat, 1989, n.16

Édition perdue, attestée par un exemplaire qui a disparu des rayonnages de la bibliothèque de Munich. Les archives et notes commerciales du célèbre imprimeur anversois parlent d'almanachs, et non de présages. Il est néanmoins possible que le terme soit utilisé dans un sens générique, auquel cas l'ouvrage aurait été imprimé avant le 26 janvier 1558. L'édition Plantin a pu s'inspirer de la parisienne, mais aussi directement de la lyonnaise, par exemple par l'intermédiaire de l'imprimeur lyonnais Robert Granjon qui vend une fonte à son collègue anversois, lequel l'utilise en 1558 (cf. Dalbanne, 1939, p.226). On ignore s'il a existé une édition gantoise de ce texte.
 
 

Almanach pour l'an 1558

Aucun exemplaire des différentes éditions de ce texte n'a été conservé, mais l'abbé Hector Rigaux qui a donné une copie des quatrains pour février et septembre 1558 à Daniel Ruzo (lequel les transcrit à son tour à la page 277 de son Testament, dans une version sensiblement différente de celle donnée par Chavigny dans son Recueil), en avait probablement consulté un exemplaire.
 
 
ville d'édition : Lyon
éditeur : Jean Brotot & Antoine Volant
année : 1557
in-8, 32 ff. ?


Édition perdue, attestée par l'acte Guéroult, par le privilège du 5 juillet 1557, et par le Recueil de Chavigny. Un exemplaire qui a disparu, est attesté dans les catalogues de la bibliothèque bavaroise.

SB München: Astr.p.96 q (manquant : le catalogue indique 1558)

> Chavigny, Recueil, pp.83-106
> Chomarat, 1989, n.23 bis (confus)
> Chevignard, Présages, pp.287-313

Chomarat mentionne sous ce titre un privilège concernant l'almanach de l'année suivante !
 
 
ville d'édition : Paris
éditeur : Guillaume Le Noir
année : 1557 ?
in-8, 32 ff. ?


Édition perdue, théoriquement attestée par le privilège octroyé au libraire parisien pour l'impression et la mise en vente des "Almanachs, Presages, Pronostications & predictz, composez par M. Michel nostradamus" (en C4v de la Pronostication). Un exemplaire qui a disparu, pourrait être attesté dans les catalogues de la bibliothèque bavaroise.

SB München: Astr.p.96 r (manquant : le catalogue indique 1560)

Le catalogue bavarois indique l'année 1560. S'il ne s'agit pas d'une erreur, l'almanach parisien de Munich pourrait être une contrefaçon de la veuve Barbe Regnault qui commençait à sévir précisément en 1560-1561, avec la parution d'un Almanach pour 1561 et d'une édition tronquée des Prophéties (cf. CORPUS NOSTRADAMUS 25, n.12).
 
 
ville d'édition : Paris
éditeur : Barbe Regnault
année : 1560 ?


Aucun bibliographe ne mentionne l'une ou l'autre des éditions parisiennes.
 
ville d'édition : Rouen
imprimeur : Georges Loiselet
(pour Raoullin Boullene et/ou Thomas Mallard)
année : [1557]
in-8, 12 ff. ?

Sur le permis d'imprimer rouennais daté du 30 octobre 1557, succédant au lyonnais (5 juillet) et au parisien (20 septembre) : cf. infra.
 
 
ville d'édition : Gand
éditeur : Hendrik van Keere
année : 1557 ?

 
ville d'édition : Gand
éditeur : Cornelis Manilius
année : 1557 ?


Éditions perdues, dont l'existence peut être supposée d'après les archives de l'imprimeur anversois Christophe Plantin : selon ses notes chacun des imprimeurs gantois auraient imprimé sa contrefaçon de l'almanach. On ignore si le texte est paru en français et/ou en flamand.
 
 
ville d'édition : Anvers
éditeur : Christophe Plantin
année : 1558 ?
in-8, 32 ff. ?


Édition perdue, attestée par les archives et notes commerciales du célèbre imprimeur anversois, et par un exemplaire qui a disparu des rayonnages de la bibliothèque de Munich. L'ouvrage aurait été imprimé avant le 26 janvier 1558.

SB München: Astr.p.96 p (manquant)

> Chomarat, 1989, n.23
 
 
Almanach van den jare 1558
ville d'édition : Anvers
éditeur : Christophe Plantin
année : 1558 ?
in-8, 32 ff. ?


Titre hypothétique de la traduction flamande de l'almanach, attestée par les archives de l'imprimeur anversois. L'ouvrage aurait été imprimé avant le 26 janvier 1558. Aucun bibliographe ne mentionne cette édition.
 
 
 

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 01-05-2007 ; last updated 31-08-2016
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