Le Manifeste | Le Dominion | Textes et Articles | Historique | Liens | ACCUEIL (FR) | HOME (EN)

Documentation Iconographique Autour de Nostradamus
Patrice Guinard

 
Alciat, Emblemes, Lyon, 1549
Alciat, Emblemes, Lyon, 1549
Les Emblèmes du juriste italien André Alciat (1531), l'un des plus gros succès éditoriaux de l'époque, sont de petits portraits versifiés (décasyllabiques) et illustrés sur des sujets moraux.
La leçon morale s'appuie sur le texte comme sur l'image. On notera la tenue très soignée de l'une des 35 éditions Guillaume Rouille dont Macé Bonhomme est l'imprimeur.

Alciat, Emblemes, Lyon, 1549, p.67
Alciat, Emblemes, Lyon, 1549, p.68
On lit dans le commentaire de Barthelemy Aneau l'expression "une Republicque vexée" (p.68) qu'on retrouve au troisième vers du troisième quatrain des Prophéties, lequel serait aussi le premier quatrain /...
.../ explicitement "prophétique" du corpus. Nostradamus semble se placer dans la tradition "emblématique" d'Alciat, comme dans celle d'Horus Apollon dont il a traduit Les Hiéroglyphes quelques années auparavant.

ed. Jean de Tournes, Lyon, 1545
Alciat, Emblemes, Lyon, 1558

Guillaume de La Perrière, Jean de Tournes, Lyon, 1545
ed. Jacques ROFFET, Paris, 1549
Le théâtre des bons engins du toulousain Guillaume de La Perrière, publié à Paris en 1539, puis réédité par Jean de Tournes à Lyon en 1545, qui appartient au genre "emblématique", dans la lignée d'Alciat, a été une source d'inspiration pour Nostradamus (voir mon texte sur le quatrain 23 de la centurie VI, CURA 2004).
L'éditeur de ce texte non daté mais probablement paru en 1549, Jacques ROFFET (et non Rosset comme l'attestent les majuscules), est le plus jeune oncle de Nicolas, dont la veuve Jeanne Le Roy fait paraître en 1588, sous influence ligueuse, la première d'une longue série d'éditions tronquées des Prophéties de Nostradamus. On pourra consulter un autre ouvrage publié par la veuve de feu Nicolas RoFFet dès 1582, à savoir "Les Ordonnances royaux sur le faict et jurisdiction de la prévosté des marchans et eschevinage de la ville de Paris" à la BNF, à la BM de Montauban et à la Fondation Bemberg de Toulouse.

ed. Benoist Rigaud, Lyon, 1561
ed. Benoist Rigaud, Lyon, 1569

ed. Benoist Rigaud, Lyon, 1573
ed. Benoist Rigaud, Lyon, 1574

Lorenzo Spirito, Benoist Rigaud, Lyon, 1583
Jean de Sponde, Raphaël du Petit Val, Rouen, 1604
Le traité de Lorenzo Gualtieri dit Spirito (L'Esprit) est paru en 1474, et traduit à Lyon en 1541. Benoist Rigaud le réédite en 1583 dans la traduction d'Antithus Faure. C'est un compendium de proverbes populaires divisé en trois sections, la première relative aux jeux de hasard (dés), la deuxième à l'astrologie (signes et planètes auxquels sont ajoutés Apollon et "le cristallin"), la troisième à la prophétie. Dans la dernière section, 56 distiques octosyllabiques sont attribués à 20 prophètes et patriarches bibliques pour un total de 1120 "présages". Le dernier se lit: "Tu gaigneras tes ennemis / Par trahison de tes amis."
Le poète Jean de Sponde aurait aussi écrit contre Nostradamus (ainsi que Gassendi et Florimond de Remond, selon le Journal des Sçavans, 1693), ce qui autorise à émettre de sérieuses réserves quant à la fiabilité des éditions des "grandes et merveilleuses predictions" (sic) parues chez Raphaël du Petit Val en 1588 et 1589, à Rouen, ville acquise à la Ligue.

ed. Antoine du Rosne, Lyon
ed. Michel Jove, Lyon, 1571

Jean-Edouard Du Monin, Paris, 1585
Jean-Edouard Du Monin, Paris, 1583
Le Phoenix est le dernier des six recueils poétiques (le quatrième étant L'Uranologie) publiés par Jean-Edouard Du Monin, auteur d'une poésie hermétique, exigente et brillante, né à Gy en Franche-Comté vers 1559 et assassiné le 5 novembre 1586 à Paris, comme son aîné qui l'appréciait, François Grudé de La Croix du Maine,
assassiné à Tours en 1592.
On peut lire au point 15 de l'index des matières de ce recueil poétique qui traite de l'âme humaine: "Nostradame a deviné par son seul Genie, non par art". Titre confirmé par ces alexandrins (p.20 du recueil): "Oseroi-je assurer (...)
Qu'un Démon fantastique, ô vanté Nostradame,
Non la leçon des Cieus endevina ton ame?"
Le frontispice de L'Uranologie (1583) s'inspire de celui attaché aux éditions Benoist Rigaud des Propheties parues quinze ans auparavant. A la page 175, Du Monin dédie quelques alexandrins à "M. Aimé de Chavigni, grand Astrologue". Seul "Chevigny", le secrétaire de Nostradamus, pouvait être dénommé ainsi en 1583, ce qui confirme, contrairement aux estimations de Dupèbe, Brind'Amour et Halbronn, l'identification de Chevigny/Chavigny à Jean Chevignard faite par Bernard Chevignard dans son article décisif de 1996, paru à la Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance.


Référence de la page :
Documentation Iconographique Autour de Nostradamus
http://cura.free.fr/diap/29dian7.html
-----------------------
Tous droits réservés © 2004 Patrice Guinard

ACCUEIL
HOME
C.U.R.A.
PORTADA
Centre Universitaire de Recherche en Astrologie
Web site Designer & Editor: Patrice Guinard
© 1999-2007 Dr. Patrice Guinard