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Idées en vrac
par Patrice Guinard


Absoluïté. Le Monde est issu d'un point de l'univers qui ne s'appelle pas Nomi ou Li-Bang - hypothèses ridicules! - mais Proto-Sinbad. Ce lieu traverse les deux autres en les englobant. Car il n'y a qu'une matière indifférenciée, unique, potentialisée, plurielle. Une matière absolue qui précède la matière. L'or et l'argent s'y mirent. Et cette origine proto-sinbadienne est appelée Lune. Plus qu'un simple satellite, elle contient tout le ciel. Car la relativité est une perspective limitée et barbare, à l'heure où sont édifiées sur Sinbad les lois de l'absoluïté.

Adversité. Le pire est de se retrouver face à des gens qui se sont déjà détruits eux-mêmes.

Affection féminine. L’affection d’une femme avec qui l’on a passé une dizaine d’années ou plus est solide : elle s’est reconvertie en coutume, en instinct ; elle a passé l’épreuve de nos manies, de nos mesquineries, de notre paresse, de notre égocentrisme, de notre puanteur.

Astres-signes. Aux premiers siècles de l’ère commune, la problématique astres-signes ou astres-causes a été exposée par des malins comme Origène ; puis elle a été développée par des idiots et beaucoup d’ignorants.

Astrologie et pensée moderne. Il est impropre de parler d’un " échec de l’astrologie moderne " : il s’agit plutôt d’un échec de la pensée moderne à comprendre l’astrologie. Et cette incompréhension patente est le révélateur de son échec dans sa capacité même de penser.

Surréalisme de l’astrologie. L’astrologie n’est pas irréelle, elle est surréelle, c’est-à-dire plus réelle que le réel immédiat des représentations mentales communes, car elle est organisation de l’expérience de l’en-deça, dont Breton, dans son Manifeste, a souligné la primauté.

Astrologues. Cette propension absurde des astrologues à s’adresser à des " étudiants ". S’il est un " maître " en ce domaine, jamais il ne cherchera d’étudiants !

Christianisme. Le " génie " du christianisme – qui a été d’atténuer la barbarie et l’agressivité de l’européen – n’a pu se développer que dans le cadre d’une religion quelque peu barbare.

Civilisation de masse. Elle détruit la culture et les élites (organisées en fonction d’une authentique aspiration spirituelle) , mais aussi extermine la nature et les forces vitales populaires. Elle marque l’anéantissement des unes comme des autres.

Clones. L’avènement des clones humains est une chance pour l’astrologie – quand on commencera à s’apercevoir qu’aucun clone ne ressemble à un autre.

Communiquer. Il peut être plus important de communiquer précisément ce qu’on ne sait pas que ce qu’on sait ou croit savoir.

La Conscience. Un petit flotteur prétentieux sur l’écume de l’organisme.

Contexte de pensée. Un penseur développe moins les idées qu’il considère comme les plus importantes que celles dont l’environnement culturel favorise l’expression.

Le deuxième pas. En est-on capable ? Car il ne suffit pas d’agir, de créer, d’acquérir un " mérite " quel qu’il soit : il faut encore l’imposer et entrer dans le commerce où les plus bas instincts légifèrent.

Disciples. Chaque philosophe veut fonder une philosophie nouvelle, et se suppose des continuateurs intelligents qu’il n’aura jamais.

Économie moderne. Le plus écoeurant n’est pas tant l’insanité des profits réalisés sur le dos des plus démunis que la poursuite de cette infâmie sous l’égide de la " morale ".

État de guerre. Plus l’environnement socio-culturel apparaît laxiste et mou, plus il convient de rester vigilant, au point même de cultiver une intolérance mesurée. Plus que jamais, nous sommes en période de guerre. La seule différence, c’est que les victimes n’en ont plus conscience.

États-Unis. L’Amérique est un enfant costaud qui a arraché le boulet qui la tenait aux pieds, puis qui l’a lancé haut, juste au-dessus de sa tête.

Exister. Nonchalance, exaltation, enthousiasme. Montaigne et sa chute de cheval, Senancour saisi par le froid et la faim, James lors du tremblement de terre de San Francisco.

Femme fatale. La femme soigne son apparence. L’homme cherche à embellir son âme. Une femme qui joue sur les deux tableaux est une femme fatale.

Fragilité et authenticité. Celui qui chercherait à forger ses gestes et ses mots à chaque instant indépendamment des habitudes acquises, resterait fragilisé et incompétent pour la communication courante.

La fosse sceptique.

France. Elle produit d’autant plus de vin qu’il en faut pour supporter d’y vivre.

Gens de spectacle. Des comédiens, non des artistes pour la plupart. Des agités non actifs.

L’homme moderne, infatué de sa " raison ", a inversé le sentiment de Jean de Salisbury : il se croit, collectivement, un géant perché sur les épaules de nains.

Idéologie triganglionnaire. Il n’est qu’une façon de penser : la méthode " scientifique " (le reste n’est pas connaissance, mais croyance) ; il n’est qu’une façon d’exister : en " démocratie " (tout autre régime est archaïque) ; il n’est qu’une façon d’être : vendre et se vendre dans le " marché " (le reste ne " compte " pas).

Incarcération. Elle n’a pas pour but de châtier les coupables, mais de convaincre les majorités de la légitimité de l’appareil répressif et de la culpabilité des déviants. Non pas pour priver de liberté ceux qu’on emprisonne, mais pour faire croire aux autres qu’ils sont libres.

Intellectuels. Ce n’est pas que beaucoup d’intellectuels et de spécialistes soient incapables d’expression simple et compréhensible, mais s’ils s’y essayent, ils sombrent dans la vulgarité.

Intérêt et lâcheté. Ce que beaucoup imaginent être leur " intérêt " n’est qu’une fausse raison ayant pour fonction de masquer leur lâcheté. On croit ainsi se connaître soi-même à fort bon compte.

Itinéraire du penseur. Pendant huit ans et jusqu’à trente ans, on cherche sa pensée ; pendant douze ans on la réalise, on l’organise ; pendant vingt ans on l’asseoit, on la peaufine, on la divulgue. Après il convient de l’oublier.

Stratégies ludiques. On ne joue pas à Dvonn (Kris Burm, 2001) comme on joue à Medina (Stephan Dorra, 2001). Il ne s’agit plus de trouver sa place et ses positions de jeu en jouant les coups justes, sur le fil d’un rasoir, dans une sorte d’inspiration intuitive, mais d’empêcher l’adversaire de jouer, en lui ôtant des possibilités de prise et de mouvement.

Liberté. Une liberté théorique et illusoire, soutenue par une idéologie nihiliste et vénale, ne donne pas plus d’espace de liberté que l’esclavage le plus coercitif.

Lire, c’est toujours essayer de saisir ce que l’auteur veut dire, et aussi ce qu’il ne dit qu’à moi, son lecteur, à son insu. L’acte de lire réclame une disposition empathique et génère une capacité de différentiation, car il existe toujours dans ce que je reçois un point d’ancrage particulier qui n’appartient qu’à moi.

Modestie. C’est éviter de se laisser monter la tête : elle est bien à sa place à sa propre hauteur.

Le moment le plus dangereux: Quand on commence à jouer la comédie de ses propres idéaux.

Les quatre acteurs des sociétés modernes. La finance, les dirigeants fantoches, les troupes de spécialistes et d’experts, les masses " ignorantes " c’est-à-dire maintenues dans la servitude du spectacle.

Logique matricielle. Toute proposition matricielle reste vraie jusqu'à ce qu'elle soit surmontée par une proposition matricielle plus englobante. Toute proposition immatricielle est fausse jusqu'à ce qu'elle soit suppléée par d'autres propositions matricielles comparables.

Naïveté d’Orwell qui croyait à la nécessité de décharges électriques dans les processus de conditionnement !

Nouveau né. Inutilité de ses membres. L’enfant d’une semaine, c’est essentiellement une bouche et un tube digestif.

Pensée anglaise. Le rasoir d’Ockham est devenu au fil des siècles le rasoir de l’esprit britannique sur la culture européenne.

Pensée moderne. On avance parfois dans le monde des idées comme dans un cauchemar, comme s’il s’agissait d’une mauvaise farce, et ceci à mesure qu’on se rapproche de la pensée contemporaine.

Philosophie et postérité. Ce seront toujours les métaphysiciens qui tiennent la route, jamais les penseurs " positivistes " qui sont des obstacles nécessaires sur le chemin de la métaphysique.

Plantes et sociabilité. Dans les communautés primordiales, les plantes étaient ingérées collectivement. Les divergences de vues et d’opinions, trop grandes à l’état de veille, étaient résorbées pendant les états de conscience accrue : un monde commun était alors recherché, bâti, coloré, et finalement accepté par tous. Car la conscience végétale est plus vaste, objective, " humaine ", que la conscience individuelle.

Politiciens. Les politiciens passeront à la postérité si et seulement si elle se modèle à l’aune de leur médiocrité, et encore : certains auront beaucoup de mal à se démarquer.

Populaire. Tous les pionniers, les créateurs, ont été des gens du " peuple ", c’est-à-dire des individus non affilés à des familles de pensée, indépendants des idéologies de l’époque, d’une nation, d’une culture, n’ayant à défendre que leur point de vue propre, et souvent incompris ou exilés.

Pouvoirs. Il n’existe aujourd’hui que trois pouvoirs : le politique (apparent et fantoche), le financier (qui contrôle l’économique et le judiciaire), et le mafieux (caché).

Prédateurs. Un aigle qui méprise ses proies devient un oiseau imaginaire.

Psychologie commune. La terminologie psychologique commune n’est constituée que d’à peu près : On croit se comprendre ; on ne fait que s’accorder sur des clichés.

Sincérité. Quand on naît " sincère ", il faut cultiver sa sincérité, mais aussi toutes sortes de ruses. Très vite l’on s’aperçoit qu’il y a tout plein de degrés dans la sincérité. Idem pour la franchise, la naïveté, " l'idiotie ". Dostoïevski !

Sociologie. Il n’y a pas de " classes sociales ". Mais seulement la culture et la vulgarité. La plupart des snobs sont vulgaires.

Sur les traces d'Amon, de Brahma, du roi Wen, et Lao Tseu, Héraclite, Platon, Paracelse, Nostradamus, Képler, Goethe, Nietzsche, Peirce, Castaneda.

Utilité et pensée. Ceux qui systématisent leurs erreurs sont plus utiles que ceux qui tournent autour de la vérité.

Diversité républicaine ? Mille discours idéologiques de pantins appointés envahissent les medias pour faire accroire qu'il faudrait mettre plus de noirs, de femmes, d'handicapés, dans les multinationales qui saignent les consommateurs-citoyens, dans les hémicycles, aux poses de responsabilité, etc. On veut plus de diversité "ethnique" pour des jobs préorganisés, plus de hasard dans ces jeux de rôles, plus de possibilités d'opportunisme dans le partage des gâteaux. Mais souhaitera-t-on aussi en quelque lieu quelques astrologues-chercheurs, quelques nostradamologues, quelques penseurs indépendants ? L'authentique diversité n'a pas trait aux personnes, mais à la nature des fonctions ; elle ne répond pas à la question QUI, mais aux questions QUOI et POUR QUOI. Quelle importance que le discours et l'acte soient tenus par tel ou telle ? : s'ils n'ont pour fonction que de plaquer chacun sur l'ardoise des cloneries dites républicaines, libérales, démocratiques, etc -- autant de qualificatifs sans valeur, quand la seule vérité qui y règne est la vénale. [Addenda 11 mai 2009]

Dans les medias et l'internet, qu'ils soient étatico-idéologiques ou bien (pseudo) indépendants, contestataires et branchés, se trament les mêmes litanies antiastrologiques, d'égale impéritie. La nature de l'astrologie est si peu connue, son savoir est si méprisé, que les maisons d'éditions, les grandes comme les anodines, imprégnées des impératifs idéologiques et corporatistes, ne publient que des discours consensuels et mercantiles, ou n'offrent leur papier qu'à des bouffons médiatiques ou à des ratés de la science pour la dégrader (cf. mon Manifeste pour l'Astrologie). Aucun savoir ne peut se développer hors un environnement culturel stimulant (universités, bibliothèques, revues spécialisées). Mise à l'écart de ces milieux, exclue en France et dans l'ensemble des pays occidentaux des véhicules de recherche et de diffusion -- et la France est probablement la championne de l'exclusion, celle-ci restant le mode même d'organisation de ses élites et pseudo-élites intellectuelles --, l'astrologie, ou plutôt son ombre, se terre dans les abris misérables que sont les associations astrologiques. A l'heure des réseaux internet, où n'importe quel Gros-Jean devient l'instrument greffé démultiplié, encouragé à barbouiller de son incurable ignorance les niches nauséabondes aménagées à son intention sur les wikis et blogs journalistiques, l'astrologie est devenue la putain identifiée par Breton, mais tisonnant bien au-delà de ses imaginations. [Addenda 31 janv. 2011]



Référence de la page :
Patrice Guinard: Idées en vrac
http://cura.free.fr/30aphor.html
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