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Idées en Vrac 2015
par Patrice Guinard

 
 

Bêtise. La bêtise est hypocrisie, mensonge, simulation, duplicité, ironie. Le cynisme est la bêtise absolue, incommensurable, définitive. L'intelligence, c'est la sincérité, et savoir reconnaître les moments, les seuls instants qui comptent ou ont compté, et leur adapter instinctivement représentations et intentions : faire que tout son être y aspire. La bêtise, c'est les nier, les relativiser, les conceptualiser, les interpréter à l'aune des mesures et normes ambiantes. L'intelligence est foi en la vie. Le reste est ânerie, existence, propos et états d'âne.

Bouddhistes, religieux et moines, maîtres spirituels, éducateurs moraux, gourous, contempteurs de l'ego : Ont-ils vécu toutes les expériences humaines ? Composé une symphonie ? Connu les vertiges du pouvoir ? Découvert une molécule ? Inventé un concept ? Vécu une passion dévorante ? Pour rabrouer l'esprit, le génie et l'activité humaine au rang d'illusion, au nom du renoncement et d'une sérénité par la méditation, les chants, la prière, les exercices corporels, la respiration ! Que valent les leçons de quiétude de qui n'a pas vécu l'extrême inquiétude ?

Le Cocher astral. L'esprit est un cocher, chez la plupart endormi, qui pilote une sorte de carriole ronde. Les planètes et autres opérateurs astrologiques sont les chevaux qui la tire en diverses directions. L'art du pilotage consiste à savoir brider tel équidé au bon moment, selon les circonstances et les situations.

Comportements ambigus. Il n'y a qu'un pas, infime, entre la bienveillance et l'idiotie, entre la politesse et l'indifférence, entre la tolérance et l'ignorance, entre l'objectivité et la frivolité, un pas si infime que peu sont capables d'éviter de le franchir. Si bien qu'ils feraient mieux de s'en tenir à la sévérité, à l'irascibilité, à l'intransigeance, à la partialité.

Cranach (mars 2011). Sa peinture tient en trois propositions. 1) L'homme est un monstre. 2) La femme engendre des monstres ; elle est tout aussi inhumaine, mais n'appartient pas à la même race. 3) Hommes et femmes vivent dans deux univers distincts, incompatibles, dans deux mondes "parallèles" qui ne se rejoignent jamais.

Dogvillages. S'adapter au réel en l'état actuel des réglementations qui encadrent comportements et conditions existentielles, et surtout les relations, c'est agir comme si l'on avait enjambé la clôture d'une basse-cour.

L'Essentiel. Les gens ne vont pas à l'essentiel, mais sont happés par les discours idéologiques et publicitaires. Ils naviguent à vue autour d'un centre artificiel, couvé par des représentations qu'ils imaginent être la finalité au-delà de laquelle ne s'étend que le néant par lequel ils disparaîtraient. Ils cultivent cette protection stupide contre l'infinité et la variabilité indéfinie de la psyché, de la vie et du réel.

Françaises. Il existe peu de femmes qui n'offrent leur corps vidé au marché public des échanges ou par les rets idéologiques brodés en leur esprit, desquels le marché tient sa souveraineté et son pouvoir de guidance, mais le réservent avec partialité à ceux qui éveillent en elles leur profondeur en écho.

Guerre moderne et surpopulation
. L'objectif et l'effet de la guerre moderne initiée par un État est moins de combattre un ennemi plus ou moins fictif et imaginaire, que de se débarrasser d'une partie de sa propre population, la plus vulnérable.

Haïr. Ce qu'on hait en autrui n'est pas l'être qu'on aime (et cette haine est à l'aune de l'adoration qu'on lui voue), mais l'empreinte du conditionnement et de la servitude en sa conscience. Et aussi sa liberté, celle qui échappe à notre propre pouvoir de la contraindre et façonner à notre goût.

Histoires. Toute l'existence humaine consiste à se raconter des histoires. La plupart s'abreuvent des affabulations politiques, des discours d'instructeurs ou de spécialistes, des histoires des autres, des vraisemblances partagées, de l'idéologie publicitaire commune. Rares sont ceux qui ne tolèrent que leurs propres imaginations.

Intensité. Joie et bien-être, bonheur, plaisirs même, sont proportionnels en grandeur, non aux objets obtenus, ni aux êtres rencontrés, mais à la seule intensité de la conscience, à l'intention de la conscience. Autrement dit à la créativité de l'esprit et à la capacité d'impliquer tout son être dans ces plaisirs.

Liberté d'expression : une de ces formules creuses qui ne désignent aucun contenu, aucune expérience, aucune réalité. En France je n'ai souvenir que de la contrainte des formes et des idées dans l'échange, d'humiliations, de terreur idéologique, morale, ou socio bien-pensante, de manipulateurs attitrés au discours insignifiant et dont l'ignorance n'égale que l'arrogance. La parole n'est donnée que pour la bafouer, la dévier, la vider ou la détourner de son sens. Il n'est qu'une parcelle de liberté : celle d'éructer dans l'ombre au recoin généreusement octroyé.

Le Logos des miséreux. Basses inclinations, aspirations vulgaires, instincts dégénérés, bouche, oeil et cul rivés aux smartphones et appareillages similaires : la misère existentielle engendrée par la technologie.

Maladif. C'est le malade qui déclare dans un moment de semi-lucidité : "La passion est une maladie, mais nécessaire afin de recouvrer la santé", ajoutant : "on a besoin par moments de se sentir sain afin de revivre la passion."

Malheureux. Il y a deux sortes de malheureux : ceux qui n'ont jamais été heureux, et ceux qui l'ont été.

Modestie. Un chercheur chevronné ne peut jamais être qu'à moitié modeste : Je mesure l'étendue de mon ignorance devant la complexité et l'inconnaissabilité du réel, mais quand je mesure la vôtre ...

No more cry dans le meilleur des mondes
. Qui oserait se plaindre des agencements sociaux ? Les multinationales existent pour engloutir les biens des idiots, et ceux-ci sont prédestinés à se faire déposséder. Chair aux canons de l'industrie et de la publicité. La propagande politico-médiatique, les journaux à daube littéraire et artistique, la raclure des industries culturelles, l'horoscopie et les mancies poulaillères dévastent les consciences vides égocentrées.

La Nuit obscure de la lumière. Ceux qui vivent sous les projecteurs, dans la Caverne ... et ceux qui vivent dans l'obscurité de la Lumière : ceux qui reçoivent de la société privilèges ou subsides en caressant ses oripeaux idéologiques mensongers ... et ceux qui ne se fient qu'à la lumière naturelle et en sont beaucoup mieux rétribués.

Objectivation. Quel intérêt aux maisons Objectivation, les plus ennuyeuses de la palette sectorielle ? Quelle signification astrologique ultime à l'Objectivation, si peu attractive ? C'est prévenir la folie, éviter la désintégration, maintenir la cohésion de la conscience. Ainsi les objectivés astraux, protégés de la désagrégation, peuvent aller plus loin dans l'exploration des possibilités humaines.

Peur et Pire. La peur régit la plupart de nos actions et engendre les pires catastrophes. Alimentée par les discours sécuritaires, elle produit les pires atrocités.

Protection. Tout mécanisme défensif est accélérateur de stupidité.

Raté. Oui la nature fait bien les choses : son seul raté est le cerveau humain.

Renouveau de l'astrologie ? Il n'y aura pas de renouveau, tant que l'astrologie sera envahie par des déficients lobotomisés, des crétins écervelés qui ne voient que leur petite personne et leurs petits intérêts, qui n'ont pas développé en eux une once de spiritualité, qui sont baladés jour, soir et nuit par le vacarme médiatique, l'idiotie consensuelle, le jacassement des charlatans, des escrocs et des corrupteurs, qui vont humer les questions d'astrologie au contact de journalistes, de pseudo-scientistes, de wikipédistes, et déglutiner leurs catéchismes sur les forums à trois balles, aux sites d'horoscopie soporifique, aux associations et fédérations d'astrodémagogie poulaillère.

Scientisme. Tel qu'il apparaît dans les clubs et ramassis de sceptiques s'amusant à baver aux savoirs qu'ils n'ont jamais étudiés, il n'est rien d'autre qu'une religion de fanatiques, ou plutôt une contamination de l'esprit.

Sensation de liberté d'expression. Elle est plus tangible dans les pays dits totalitaires que dans les dits démocratiques : ceux qui ont vraiment quelque chose à exprimer trouvent plus de sympathisants en passant sous la manche que ceux dont les paroles et écrits se noient dans la diarrhée décérébrante et la techno-puanteur.

Sensibilité et dureté. L'hypersensible qui ne trouve pas d'écho à ses aspirations et a souffert froideur, indifférence, voire moquerie et humiliation, est susceptible de développer une dureté équivalente en intensité à sa sensibilité maltraitée, une dureté à l'octave de sa souffrance, incompréhensible aux sensibilités médiocres.

Sentir et Santé. Sentir les gens est une qualité relationnelle fondamentale : il ne s'agit pas de perspicacité, de sens psychologique, mais de santé d'esprit.

Théocratie ou Démoncratie : ce sont toujours les mêmes bondieuseries pour dégénérés, par les actes ou dans les discours.

Vitesse. Jeune on vit vite dit-on. Les années passent et l'on s'assagit paraît-il. Tout ralentit. C'est l'inverse qui est vrai. Avec les années, il reste moins de temps, trop peu de temps. Il faut aller vite. Tout s'accélère. On entrevoit une lueur dans l'oeil du faucheur à l'horizon. On comprend enfin que la vie est vitesse, n'est que vitesse.

 
 
   Idées en Vrac 2015
   http://cura.free.fr/2015/1512aphor.html
   22-12-2015
   © 2015 Patrice Guinard