CURA : Accueil

AfD.08

Quels opérateurs cycliques en astrologie ?
Patrice Guinard

 

"When I use a word, it means just what I choose it to mean - neither more or less. (...) The question is which is to be master - that's all." (Lewis Carroll, Through the Looking-Glass)

Would the American Michael Brown have become the master of the astronomers (?), quoting Humpty-Dumpty in his 2006 article, "What is a Planet ?", perhaps after his reading of my Solar System: What is a Planet in Astrology ? (2000-2002), or my uranian portrait in The Planetaries (2002), but certainly not the master of the astrologers...

Résumé (rev. 11-2015) : Les récentes découvertes de planétoïdes par la télescopie moderne aura permis à quelques rares astrologues (en France pas beaucoup plus de deux) de prendre conscience de l'intérêt d'une nouvelle réflexion sur les opérateurs planétaires. Quels sont les objets du ciel proche, dans les limites du système solaire, susceptibles d'inscrire durablement leurs rythmes dans l'organisme afin qu'une imprégnation de type neuro-physiologique puisse se traduire à terme par une accoutumance de type psychique ? Autrement dit quelles sont les planètes qui agissent sur le système nerveux ? Quels sont ces objets célestes qui forment le Planétaire, pas tant en dehors de nous, mais comme l'a compris Paracelsus : nécessairement en nous ? On le verra en fin d'article : j'en reviens à un schéma plus simple que celui auquel conduisent mes indications de juin 2000 : les planètes et planétoïdes découverts depuis deux siècles (depuis Piazzi en 1801) s'organisent en trois groupes : un groupe entre Mars et Jupiter (la ceinture astéroïdale, en jaune à l'image), un autre très hétérogène entre Jupiter et Pluton (les Centaures, en brun), et un troisième après Neptune (la ceinture de Kuiper, en vert). Il existe encore quelques corps de peu d'envergure gravitant sur d'autres orbites et au-delà de la ceinture de Kuiper (nuage d'Oort ou d'Öpik-Oort), mais ils sont négligeables comme le sont les poussières et détritus qui subsistent nécessairement dans n'importe quel système stellaire satellisé, et leur éloignement n'a pas de sens cyclique au rapport de la durée de vie humaine. Ces trois groupes ont chacun leur patron : Cérès pour les astéroïdes, Chiron pour les centaures, et Pluton-Charon pour les objets dits kuipériens.
 

ceintures du système solaire : astéroïdes, centaure, TNO ceinture de Kuiper

Le premier "plutoïde" ou "TNO" (Trans-Neptunian Object) n'a été repéré que le 30 août 1992 par David Jewitt et Jane Luu : il s'agit de l'objet trans-neptunien sans nom (15760) 1992 QB1. Cinquante ans avant, mais treize ans après la découverte de Pluton, l'astrologue parisien Dom Neroman affirme que "Pluton fait partie d'un autre groupe d'Astéroïdes" mais en rejette l'influence : "nous aurions bien tort de nous encombrer ici" (Dom Néroman, Traité d'astrologie rationnelle, Paris, Sous le Ciel 1943, p.21). Et page 67 : La planète "Pluton est très probablement pulvérisée comme les Astéroïdes." L'aporie plutonienne ne date pas d'hier.

Les astronomes de la 26e AG de l'Union Astronomique Internationale, sous la houlette de Michael E. Brown, ont décidé en août 2006 à Prague de déboulonner Pluton de son statut, de redéfinir la notion de planète, et de lui adjoindre une catégorie intermédiaire définie par le label "planète naine" (dwarf planet) incluant dans un premier temps Pluton, Cérès et Eris, auxquelles sont venues se joindre Haumea et MakeMake en 2008. Ce n'est qu'un début. On estime à plus de deux cents le nombre de planétoïdes de la ceinture de Kuiper qui satisferaient la définition de "dwarf planet", et à quelques deux milliers ceux gravitant au-delà. Il est probable que dans les années à venir cette catégorie ne cessera de compter de nouveaux membres jusqu'à ... sa probable implosion, et que les indices de son inanité deviennent patents.

Texte des résolutions B5 et B6 de l'IAU :

Résolutions IAU
 
Resolutions IAU
 
 
Autrement dit les planètes, comme les planètes dites naines, sont des corps en orbite autour d'une étoile, assez massifs pour que l'effet gravitationnel leur confère une forme quasi-sphérique. Mais les planètes auraient dégagé le voisinage autour de leur orbite au contraire des planètes dites naines.

Malheureusement la définition ne tient pas, et les astronomes de l'AG de Prague ne sont ni des kantiens ni des spinozistes chevronnés. Selon l'astrophysicien Alan Stern (et dead link http://cosmiclog.msnbc.msn.com/archive/2008/06/13/1140398.aspx), seules quatre planètes, à savoir Mercure, Vénus, Saturne et Uranus, rempliraient strictement le critère séparant les planètes de leurs consoeurs supposées naines. Mars, Jupiter, Neptune et la Terre n'ont pas totalement dégagé le voisinage autour de leurs orbites. Près de dix mille astéroïdes circuleraient dans le voisinage terrestre, et plus de cent mille, les troyens, dans le jupitérien (cf. aussi le communiqué du 19 sept. 2008 du Planetary Science Institute). Les astronomes semblent se retrouver dans la situation dans laquelle se complaisent les astrologues depuis un siècle ...)

De plus, les planètes dites naines ne doivent pas être elles-mêmes des satellites, ce qui exclut les satellites de Jupiter, Saturne, Uranus et al., mais non vraiment Charon, dont on ne sait s'il est un "satellite" de Pluton, ou une co-planète (cf. infra) !

On est là en présence d'une sorte de concile juridictionnel, empêtré dans ses propres contradictions, plus qu'en présence d'une véritable démonstration scientifique, et plus loin encore de ce que les historiens des sciences ont appelé "rupture épistémologique".
 

Tailles comparées approximatives de la Terre, de la Lune, des cinq corps planétaires dits nains et de leurs satellites (12-2010).

 
planètes naines
 


Ces remaniements de la communauté astronomique montrent d'abord que les astronomes, avant 2006, n'avaient pas de définition claire de cet objet scientifique appelé "planète", qu'ils n'en avaient pas évalué les conditions et la portée. Ils auront au moins le mérite de susciter parmi les astrologues, en réalité chez une infime part d'entre eux, de nouvelles interrogations. A preuve ces discussions parues il y a quelque temps sur le
forum du Cura (juillet-août 2007).


Il faut reprendre la question à la base et se demander, suite à la découverte de ces nouveaux corps gravitant autour de l'étoile solaire, quels sont les facteurs efficients, quels sont en somme les anciens et nouveaux opérateurs planétaires dont l'astrologue doit tenir compte non seulement dans la construction du thème mais encore et surtout dans l'organisation et l'harmonisation de la dynamique céleste en rapport avec le récepteur terrestre. Certaines assertions de mon premier texte consacré à cette question (juin 2000) ne sont plus d'actualité (cf. Le système solaire: Qu'est-ce qu'une planète en astrologie ?). La cause en est la découverte d'importants planétoïdes après cette date. Les énoncés qui suivent sont devenus caducs.

Tous les objets trans-neptuniens (TNO), nommés planétoïdes ou planétésimaux, ont une période sidérale comparable à celle de Pluton. Mais Pluton est le seul TNO connu à posséder un satellite ; il est près de 100 fois plus massif que les autres planétoïdes connus (à l'exception de Charon), et la masse globale de Pluton et de Charon représenterait plus de 50% de la masse totale des planétoïdes.

L'orbite de Pluton est la seule qui croise celle d'une autre planète. Certains astronomes, et aussi le jeune Kant, y voient justement le critère permettant de définir la dernière planète du système solaire.

Non pas la grandeur du corps qui dépasserait ou non un certain seuil arbitraire, mais le rapport de grandeur de ce corps avec celui qui le suit et avec celui qui lui succède. Ainsi le quotient du rayon R de la dernière planète par celui de la première non-planète (astéroïde) doit être supérieur ou comparable au quotient du rayon de l'avant-dernière planète par celui de la dernière : R Pluton / R Cérès > R Mercure / R Pluton (le rapport Cérès / Vesta ne vérifie pas cette formule). On obtient le même résultat pour le rapport des masses, en prenant la Lune à la place de Mercure.


Néanmoins une étude comparative des critères physiques et astronomiques des principaux corps récemment découverts tendrait à "réhabiliter" Pluton (rebaptisé TNO 134340 !) et à lui conserver son caractère exceptionnel au sein de la ceinture de Kuiper. Les données qui suivent sont sans cesse réactualisées par l'UAI en fonction des plus récentes observations. Les données astronomiques ont cessé d'être jalousement protégées, mais sont désormais accessibles au public. Néanmoins les différents serveurs, réactualisés au même jour, donnent des données légèrement différentes. Par conséquent on ne les utilisera qu'avec précaution. Ce sont des données provisoires. Les diamètres planétaires ne sont approximatifs, et même la période plutonienne reste mal connue, quatre-vingt ans après sa découverte par Clyde Tombaugh.


Données astrométriques et orbitales des planètes et planétoïdes (au 29-12-2009 ; cf. infra données actualisées 2015)

   Numéro    Nom         Inclinaison   Latitude    Excentricité   Semi-grand axe     Période     Diamètre  Magnitude   Distance Soleil    Découverte

50000 QUAOAR 7°59'41" 7°24' 0.03948163 43.47012711 286.6 850 2.72 43.17867 2002

90482 ORCUS 20°34'53" -18°35' 0.22724806 39.16551208 245.1 950 2.30 47.88463 2004

225088 2007-OR10 30°40'19" - 3°31' 0.49993360 67.34560394 552.7 1350 1.90 85.99164 2007

90377 SEDNA 11°55'37" -12° 0' 0.85024291 509.77600098 11510.1 1600 1.59 87.61398 2003

136108 HAUMEA 28°13'19" 27°13' 0.19740294 43.03160477 282.3 1200 0.18 51.02717 2003

136472 MakeMake 29° 0' 8" 28°59' 0.16329825 45.35434341 305.4 1500 -0.45 52.14152 2005

136199 ERIS 43°54'44" -13°43' 0.43417308 68.01042938 560.9 2400 -1.17 96.68021 2005

134340 Pluton 17° 5'20" 5° 7' 0.25024870 39.44506836 248.5 2300 -0.70 31.77660 1930


L'inclinaison de l'équateur sur le plan de l'orbite, non mentionnée dans le tableau parce qu'inconnue pour la plupart des planétoïdes, n'est pas un facteur discriminatoire : Mars (25.19°), Saturne (26.73°) et Neptune (28.32°) ont une inclinaison comparable à celle de la Terre (23.45°), mais Jupiter (3.13°) et Mercure (0.01°) ont une inclinaison quasi nulle, Cérès a une inclinaison intermédiaire (10.60°), Uranus (97.77°), Pluton (122.53°) et surtout Vénus (177.36° ou -2.64°) ont une inclinaison si forte que ces planètes tournent sur elle-mêmes dans le sens inverse de leur orbite.

A la fin des années 2000, on a voulu détrôner Pluton au profit d'Eris, au prétexte d'un diamètre supérieur et au dessein de valoriser les découvertes récentes. Or les évaluations sont régulièrement revues à la baisse pour Eris et à la hausse pour Pluton. En novembre 2015, les diamètres respectifs de Pluton et d'Eris sont évalués à 2370 et 2325 kms. Pluton seul, sans son énorme satellite Charon (découvert le 22 juin 1978 par l'astronome américain James W. Christy), reste le corps le plus massif de la région kuipérienne. Et on aura disqualifié Pluton par le truchement de fausses données et informations - ce qui semble être devenu une spécialité américaine.

1. Pluton est le seul élément connu à posséder un satellite de forme ronde. Charon a lui-même un diamètre de 1200 km, supérieur à ceux de Quaoar, d'Orcus et peut-être même d'Haumea. Pluton a encore quatre autre petits satellites : Hydra, Nix, Kerberos et Styx.

 
Pluton en rotationPluton et ses satellites, Charon, Hydra, Nix, Kerberos et Styx
 

Ni Mercure ni Vénus ne possèdent de satellite connu. Deimos et Phobos, les satellites de Mars, sont informes, et parmi les 63 satellites connus du géant Jupiter, quatre d'entre eux seulement sont de forme arrondie, à savoir les satellites galiléens Io, Europa, Ganymède et Callisto, les autres s'apparentant à de simples "cailloux" découverts à partir de 1892. [Il est possible cependant qu'une observation antérieure de Ganymède ait été réalisée au courant de l'été 365 BC par l'astronome chinois Gan De (cf. l'article difficilement accessible de Xi Zezong : "The Discovery of Jupiter's Satellite made by Gan De 2.000 years before Galileo", in Chinese Physics 2.3, 1982, pp. 664-667 ; et Helaine Selin (ed.), Encyclopaedia of the History of Science, Technology, and Medicine in Non-western Cultures, Dordrecht, Kluwer, 1997, p.342.]

 
Deimos et Phobos (avec le programme Celestia)
 

2. La somme des diamètres de Pluton et de Charon est d'environ 3600 km (2370 + 1230).

Le diamètre de Charon est supérieur à celui de Cérès. Pluton-Charon serait une planète double. Le barycentre du duo Pluton-Charon est situé en dehors des deux corps.
Aucun des deux objets ne tourne réellement autour de l'autre, et ils ont une masse et un diamètre comparables. En raison de leur rapprochement, l'atmosphère de Pluton constituée de particules de méthane, enveloppe aussi Charon : le système binaire Pluton-Charon est ainsi constitué d'une atmosphère unique.

Pour l'astrologue qui s'intéresse aux cycles planétaires d'un point de vue terrestre, seul compte "le grand diamètre" de Pluton-Charon, par ailleurs comparable à celui de la Lune. Et c'est le cycle du binaire Pluton-Charon qui est enregistré, "imperçu", par l'organisme terrestre, comme ce sont aussi les cycles de Jupiter et de ses satellites, de Saturne et de ses satellites, etc. Mais alors que l'opérateur pluto-charonien forme une entité, ce n'est le cas pour aucune autre planète du système solaire.


3. Les caractéristiques de l'orbite plutonienne sont extrêmes (inclinaison de 17°, période de 248 ou 249 ans), mais permettent cependant d'accepter l'entité Pluton-Charon au sein des opérateurs planétaires.

Comme c'est l'inclinaison terrestre qui détermine l'angle du plan de l'écliptique par rapport à celui de l'équateur, et que les astrologues rapportent les positions planétaires à cet écliptique, un angle inférieur à environ 23°30 (variable dans le temps) est acceptable. Il est aussi nécessaire que le quart de la révolution planétaire s'inscrive dans la durée d'une vie humaine (environ 62 ans pour Pluton-Charon). En effet c'est à la quadrature de l'astre que s'inscrit la cristallisation neuro-physiologique qui fait qu'un corps planétaire devient un opérateur (cf. mon texte sur les Ages planétaires)

4. L'harmonie et la résonance du cycle uranien avec le neptunien et le plutonien est un facteur prépondérant dans la réhabilitation de Pluton-Charon comme opérateur planétaire à part entière, même s'il reste de nature très différente des autres planètes.

La pyramide uranienne à base 7, 84 ansLa pyramide neptunienne à base 9, 165 ansLa double-pyramide plutonienne, 249 ans
 

Qu'en est-il des autres planètes dites naines et de leurs principaux challengers ?

- Seul le duo Pluton-Charon possède un diamètre comparable à celui du satellite terrestre. Les autres planétoïdes sont largement en-dessous, y compris Eris, et en particulier Quaoar et Orcus.

- La rotondité d'Haumea est discutable. Et l'excessive période sidérale de Sedna est disqualificatoire.

- Les fortes inclinaisons de 2007-OR10, d'Haumea, de MakeMake, et surtout d'Eris, en font des corps cycliquement étrangers à la dynamique soli-terrestre.

Pluton-Charon reste l'élément prépondérant de la multiplicité des objets dits trans-neptuniens, et plus précisément des planétoïdes appartenant à la ceinture de Kuiper. Cependant, comme je l'ai suggéré dans mon dernier post sur le forum du Cura, l'astrologue ne doit pas raisonner seulement à partir des propriétés physiques et astronomiques des corps planétaires, mais aussi en gardant à l'esprit l'ordonnance des structures astrologiques (le Planétaire, les Ages planétaires, voire les Maîtrises planétaires), car seule l'harmonisation entre ces différentes structures assure la cohésion matricielle inhérente et nécessaire à l'astrologie.

L'éradication de Pluton par le concile astronomique de 2006 aura eu au moins pour l'astrologie un effet favorable : celui de réhabiliter l'astéroïde Cérès, qui devient pour l'astronome une planète naine, et pour l'astrologue -- c'est désormais l'option que je préconise -- une "planète", autrement dit un opérateur planétaire à part entière.

Les astrologues doivent désormais compter avec la découverte de Cérès, le 1er Janvier 1801, par Giuseppe Piazzi. Dans son ouvrage paru à Palerme en 1802, Della scoperta del nuovo pianeta Cerere Ferdinandea, ottavo tra i primari del nostro sistema solare, Cérès y est proprement désigné sous le nom de planète, celle qui sera dédiée au roi Ferdinand III de Sicile.

J'avais retenu dans mes précédents travaux l'astéroïde sous l'angle des Ages planétaires (l'importance de l'apprentissage du langage à l'âge cérésien) et sous l'angle d'une appartenance au système des 11 couleurs communes, mais je ne préconisais pas qu'on l'utilise dans le thème planétaire. Désormais j'en défends l'option, sachant que la masse de Cérès représente à elle seule un tiers de celle de tous les astéroïdes réunis. Cérès est de plus le seul astéroïde connu de forme ronde, et d'une taille supérieure à Quaoar (diamètre d'environ 950 km).

Cérès est l'élément majeur d'un premier groupe de planétoïdes gravitant entre Mars et Jupiter. Pluton est l'élément majeur d'un second groupe de planétoïdes gravitant au-delà de Neptune dans la ceinture de Kuiper. Par la décision d'août 2006, l'astrologie sérieuse, rarissime, loin d'avoir perdu une planète, en a gagné une.

orbites planétaires, de Mercure à Jupiter & de Jupiter à Neptune - la forte excentricité de Chiron


Addenda Novembre 2015

Quant à Chiron, aussi classé comme comète en raison de sa forte excentricité (environ 0,38) et malgré son faible diamètre (environ 225 kms, mais quinze fois supérieur au noyau de la comète de Halley), il reste l'élément majeur du groupe des Centaures (au nombre estimé à près de 50.000). Chiron aurait un système rudimentaire d'anneaux, comme les planètes géantes (Jupiter à Neptune) et comme le centaure Chariclo (de diamètre un peu supérieur mais de trop forte inclinaison, 23.5°). C'est seulement en janvier 2009 que j'identifiais Cérès à ma "Lune hivernale" et la destinais au signe des Poissons (cf. Le Planétaire).  Il m'aura fallu encore près de sept ans pour accepter Chiron, le protagoniste minuscule d'une autre ceinture astéroïdale, les Centaures, située entre Jupiter et Pluton. Mea culpa, d'autant plus que nombre d'astrologues surtout anglophones l'utilisent depuis des années. Mais que n'utilisent-ils pas ?

Un corps planétaire, qu'il soit nommé planète, planète naine ou planétoïde par les astronomes, est significatif pour l'astrologie, si sa révolution sidérale est compatible avec la durée de l'existence humaine (ou plus précisément au moins le quart de sa période doit être inférieur à cette durée), si l'inclinaison de son orbite par rapport au plan de l'écliptique ne dépasse pas un certain seuil (une vingtaine de degrés), et si sa taille le désigne comme élément distinct ou comme l'élément principal d'un groupe, isolé par son orbite des autres corps astrologiquement signifiants.

Quelques données astrométriques récentes (2015) :

Planète
Demi-grand axe (UA)
Loi de T.-Bode
Excentricité
Inclinaison (°)
Période (années)
Diamètre (kms)
Découverte
Lune
0,00257
0,055 5,145 0,075 3475

Mercure
0,387 0,4
0,206 7,005 0,241

Vénus
0,723 0,7
0,007 3,395 0,615

Terre
1 1
0,017 0 1

Mars
1,524 1,6
0,093 1,851 1,881

Cérès (1)
2,768 2,8
0,076 10,592 4,61975
Palermo, 1801-01-01, IT Giuseppe Piazzi
Jupiter
5,203 5,2
0,048 1,305 11,863

Saturne
9,537 10
0,054 2,485 29,447

Chiron (2)
13,64

0,383
6,945
50,36
225 (3) (4)
Palomar, 1977-10-18, US Charles Kowal (5)
Uranus
19,191 19,6
0,047 0,77 84,017
Bath, 1781-03-13, ALL-GB William Herschel
Neptune
30,069
0,009 1,769 164,79
1846, GB-FR-ALL (6) (7)
Pluton (8)
39,474 38,8
0,25 17,163 247,922370
Flagstaff, 1930-01-23, US Clyde Tombaugh

(5) Pour la (ma) petite histoire, Chiron fut découverte en 1977, moins de deux mois avant qu'une Sylvie me fit découvrir l'astrologie.
(6) Début août 1846, clichés de James Challis, GB (cf. CN 84, 2000) ; fin août 1846, calcul d'Urbain Le Verrier, FR ; 23 sept. 1846, observation de Johann Galle, ALL


Chiron s'insère parfaitement (approximation 0.01%) dans mon tableau des Harmonies du système solaire (2000, revu et corrigé) et des diviseurs des révolutions sidérales, et se trouve en résonance avec Mercure et dans une moindre mesure avec Neptune. D'une façon générale, les périodes planétaires sont en résonance avec les huit premiers nombres premiers (2, 3, 5, 7, 11, 13, 17 et 19), ou même seulement six d'entre eux en écartant les nombres 13 et 17 qui ne sont représentés qu'une fois.


Planètes R. S. (jours) R. S. (calcul) erreur
LUNE
27.3216 27 1.18% - - - - - - 3 3 3 - - - - - - - -
MERCURE
87.969 88 0.035% 2 2 2 - - - - - - - - - - 11 - - -
VÉNUS
224.701 225 0.13% - - - - - - 3 3 - - 5 5 - - - - -
TERRE
365.256 364 0.20% 2 2 - - - - - - - - - - 7 - 13 - -
TERRE (2)
365.256 363
0.62% - - - - - - 3 - - - - - - 11 11 -
MARS
686.98 686 0.003% 2 - - - - - - - - - 7 7 7 - - - -
CÉRÈS
1679.78 1680 0.01% 2 2 2 2 - - 3 - - - - 5 7 - - - -
JUPITER
4332.82 4332 0.02% 2 2 - - - - 3 - - - - - - - - 19 19
SATURNE
10755.7 10752 0.03% 2 2 2 2 2 2 2 2 2 - - 3 7 - - - -
CHIRON 18394 18392 0.01% 2 2 2 - - - - - - - - - - 11 11 - 19
URANUS
30687 30685 0.007% - - - - - - - - - - - 5 - - 17 19 19
URANUS (2) 30687 30720 0.108% 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 3 5 - - - -
NEPTUNE
60190 60192 0.003% 2 2 2 2 2 - 3 3 - - - - - 11 - - 19
PLUTON
90553 90552 0.001% 2 2 2 - - - 3 - - - 7 7 7 11 - - -


Au Sagittaire sans domicile (sinon un "Mars automnal" en attente d'identification) revient la douzième et ultime planète, naine ou planétoïde peu importe, du système solaire astrologique. Le modèle des Maîtrises ou Régents planétaires, que j'ai conçu depuis plus de trente ans, peut donc voir le jour (cf. La Matrice astrale I, II et III).
 
 

Référence de la page:
Patrice Guinard: Quels opérateurs cycliques en astrologie ?
http://cura.free.fr/09-10/1002ceres.html
02-02-2010 ; revised 22-12-2015
All rights reserved © 2010-2015 Patrice Guinard

C.U.R.A.
Centre Universitaire de Recherche en Astrologie
Web site Designer & Editor: Patrice Guinard
© 1999-2015 Dr. Patrice Guinard